La filière de l’atome voit d’un bon œil la création d’un « FSI nucléaire »

A l’image des fonds pour les équipementiers automobiles, l’aéronautique ou les biotechnologies, l’Etat veut structurer le réseau de PME et d’ETI
Olivier Pinaud

En plein débat sur la fermeture éventuelle de centrales nucléaires, l’annonce hier par Nicolas Srakozy de la création d’un fonds d’investissement sectoriel «dans le secteur du nucléaire afin de soutenir le tissu des équipementiers et sous-traitants» recèle une dimension politique. Mais pour les industriels français du nucléaire, la création de cet outil, sous l’égide du Fonds stratégique d’investissement (FSI), est accueillie favorablement, même si les contours et les moyens du fonds ne sont pas encore détaillés.

«Un chantier d’EPR par exemple dure plusieurs années. Cela implique parfois d’importants besoins en fonds de roulement. La mise en place d’outils de financement en fonds propres via ce fonds est une excellente nouvelle pour le réseau de PME et d’ETI du secteur», explique Raphaël Gorgé, directeur général du Groupe Gorgé (ex-Finuchem). Cotée en Bourse et spécialisée dans les équipements de sûreté, la société a remporté récemment deux contrats en Chine d’un montant total de 50 millions d’euros pour la fourniture de portes étanches et anti-ondes pour deux centrales EPR.

La catastrophe de Fukushima et les difficultés propres à Areva, le chef de file de l’industrie nucléaire en France, ont gelé une grande partie des projets de centrales à travers le monde, provoquant un ralentissement d’activité sur l’ensemble de la chaîne. «Certains sous-traitants sont en difficultés et une intervention d’un fonds sectoriel sécuriserait le secteur», indique un industriel. Selon une étude publiée en mai 2011 par PwC sur «le poids socio-économique de l’électronucléaire en France», le secteur représente environ 4% de l’emploi industriel et contribue à hauteur de 0,71% au PIB (en 2009), avec 12,3 milliards d’euros de valeur ajoutée.

Le FSI a déjà investi directement dans des entreprises impliquées dans la filière nucléaire. Il a ainsi mis 69 millions d’euros en 2009 au capital de Daher qui vient d’acquérir deux sociétés (Vanatome et Verdelet). «Nous ne sommes pas dans une situation de besoins de financement, indique Raphaël Gorgé. Mais nous serions favorables à un accompagnement par le FSI afin de nous donner des moyens supplémentaires pour assurer notre développement à l’international, pour financer une acquisition par exemple. Cela serait également vu de façon très positive par nos clients à l’étranger».

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