La feuille de route que dressera Michelin en avril sera déterminante
S’enthousiasmer pour Michelin serait manifestement prématuré. L’action du fabricant de pneumatiques progresse timidement de 0,2% mardi après-midi, à 117,95 euros, bien qu’il ait publié des résultats d’excellente facture au titre de l’exercice 2020, portés par un strict contrôle des coûts et un franc rebond des volumes de vente en fin de période.
D’ailleurs, au cours du seul second semestre de l’an passé, Michelin a réalisé un résultat opérationnel des secteurs (ROS) de 1,57 milliard d’euros, supérieur de 20% aux prévisions des analystes, et un flux de trésorerie libre structurel de 2,3 milliards d’euros, dépassant de 40% les attentes du consensus, souligne Oddo BHF. L’intermédiaire financier salue également l’intention du groupe clermontois de verser cette année un dividende de 2,30 euros par action au titre de l’exercice 2020, alors que les analystes s’attendaient à un montant de 1,81 euro par titre.
Plan à dix ans
Les objectifs financiers fixés par les dirigeants pour 2021, peu ou prou conformes aux anticipations des analystes selon Citi, mériteraient pourtant eux aussi un meilleur accueil en Bourse. Pour cette année, Michelin prévoit un ROS supérieur à 2,5 milliards d’euros à taux de change constants et un flux de trésorerie libre structurel d’environ 1 milliard d’euros, qui correspondent, selon Oddo BHF, à des niveaux planchers. Les dirigeants du groupe ont traditionnellement tendance à se montrer prudents au moment de présenter leurs perspectives, abonde Jefferies.Les investisseurs attentifs aux perspectives de long terme
Les investisseurs attendent avec impatience la présentation des ambitions du pneumaticien pour le long terme. « Le prochain catalyseur de hausse pour la valeur sera le ‘Capital Markets Day’ (CMD) du 8 avril », explique Deutsche Bank. A cette occasion, Michelin devrait dévoiler ses plans pour les dix prochaines années et fournir des objectifs financiers à horizon 2023.
Dividende et acquisitions ?
En particulier, Michelin devrait donner les moyens aux investisseurs de mieux se projeter sur le futur du groupe, tant en matière de croissance, de gestions des coûts, d’investissement, de retour à l’actionnaire, que de responsabilité sociétale des entreprises. Par exemple, Oddo BHF envisage que le pneumaticien puisse faire part de ses nouvelles ambitions sur le terrain de la croissance externe. « En 2022, Michelin devrait disposer d’une puissance de feu comprise entre 2 et 2,5 milliards d’euros pour des acquisitions », estime Pierre-Yves Quemener, analyste chez Stifel.
Selon HSBC, Michelin pourrait profiter de la remontée de sa rentabilité et de ses flux de trésorerie pour annoncer en avril prochain une hausse significative de ses prochains dividendes. La banque d’affaires s’attend à voir le montant du dividende, à verser au titre de l’exercice précédent, augmenter de 32,1% par an entre 2021 et 2025.
Ainsi, la stratégie qui sera présentée dans moins de deux mois pourrait constituer un élément de différenciation décisif à l’avantage de Michelin face à ses concurrents, assure JPMorgan Cazenove. Le groupe n’a pas intérêt à décevoir les espoirs des analystes.
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