La famille Burkard confirme sa fidélité à l’offre de Saint-Gobain
La bataille qui oppose la direction de Sika à la famille Burkard n’est pas près de prendre fin. Lors de l’assemblée générale de mardi dernier, le conseil d’administration de la société suisse avait plafonné, pour certaines résolutions, les droits de vote de SWH (holding de la famille Burkard) à 5%, alors qu’elle détient 16,1% du capital et 52,4% des droits de vote. Au cours de cette AG, Paul Hälg, président de Sika, a expliqué avoir fait une proposition alternative, offrant «une prime» à la famille Burkard, sans en dévoiler davantage.
Selon le SonntagsZeitung, le conseil d’administration de Sika proposerait 2,25 milliards de francs suisses pour la participation de SWH, soit 18% de moins que les 2,75 milliards de francs offerts par Saint-Gobain dans le cadre de l’accord signé en décembre dernier. Un montant qui n’est confirmé par aucune des parties. SWH a déclaré n’avoir pas eu connaissance d’une proposition ferme, et que tout accord dans lequel Saint-Gobain ne ferait pas partie serait inacceptable. De plus, la famille Burkard s’est déjà engagée irrévocablement à apporter les titres Sika détenus par SWH à Saint-Gobain, sous réserve du feu des autorités de la concurrence attendu cet été. Un accord dont la validité a déjà été étendue au 30 juin 2016.
D’ailleurs, quel serait l’intérêt de cette opération? Elle ne profiterait ni à la famille Burkard, ni aux actionnaires. «En offrant ainsi une prime sans synergies, cette opération serait contraire à l’intérêt de l’entreprise, d’autant que Sika ne pourrait pas profiter des synergies attendues avec Saint-Gobain, et afficherait un endettement d’environ 2,8 fois son Ebitda, limitant drastiquement ses possibilités d’investissements et d’acquisitions», confie un proche du dossier. Toutefois, Sika prévoirait d’introduire une seule catégorie d’actions après le rachat des titres de SWH, avant de les reclasser auprès de grands investisseurs, ce qui permettrait à la famille Burkard de bénéficier d’une hausse du prix de l’action ultérieurement, pour le solde des titres qu’ils n’auraient pas apportés.
Seule certitude, le dialogue n’a toujours pas repris entre la direction de Sika, d’une part, et la famille Burkard et Saint-Gobain, d’autre part. Pour sa part, le groupe français ne cesse de répéter qu’il refuse de lancer une offre obligatoire sur le solde du capital de Sika, et de vendre ses mortiers, activité sur laquelle les deux groupes sont en concurrence frontale.
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