La direction de Veolia joue demain son avenir

Le plan de restructuration, qui sera précisé lors de la journée investisseurs, doit convaincre pour restaurer la crédibilité de la direction
Bruno de Roulhac
Photo: Bloomberg
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Jour de vérité demain pour Veolia Environnement. Après deux avertissements sur ses résultats 2011, en août et en novembre, et une chute du titre de près de 57% depuis le début de l’année (contre -17% pour le CAC 40), le groupe de services aux collectivités n’a pas droit à l’erreur. Il doit convaincre les analystes lors de sa journée investisseurs.

Antoine Frérot, PDG de Veolia, pourrait même jouer sa tête, selon certains analystes. «Ne pas fournir les éléments nécessaires au marché ne ferait qu’accentuer le doute qu’ont les investisseurs sur le réel engagement de la direction actuelle à réaliser ses plans», confie l’un d’eux à Reuters.

Veolia détaillera son plan Convergences, annoncé en août, prévoyant réductions de coûts supplémentaires, et rationalisation de l’organisation du groupe, en passant d’une présence dans 77 pays à moins de 40 pays fin 2013. Un plan qui «comporte des risques d’exécution significatifs, selon Exane BNP Paribas. En particulier, la taille du groupe et le très grand nombre de filiales impliquées pourraient conduire à des retards et à des coûts».

Le groupe devrait aussi faire le point sur son programme de cessions d’actifs. Vendredi, HomeServe a annoncé le rachat de la participation de 51% de Veolia dans Doméo, groupe d’assistance à l’habitat, pour près de 100 millions d’euros. Après les rumeurs récurrentes de vente de Citelium, valorisé entre 100 et 200 millions d’euros par les analystes, Veolia devrait confirmer ce projet de cession. «Le catalyseur clé d’une stabilisation et d’un redressement du cours réside dans une cession significative d’actif selon nous», écrivait récemment Raymond James.

Des désinvestissements qui vont permettre de réduire la dette du groupe, source d’inquiétude. Fin novembre, Fitch a révisé la perspective de la note «A-» attribuée à Veolia de «stable» à «négative», anticipant un ratio d’endettement (dette nette sur Ebitda) au-dessus des 4,6 fois de fin 2010. Le consensus Thomson Reuters Ibes anticipe une dette de 14,8 milliards d’euros fin 2011, soit un ratio d’endettement de 4,4, contre 3,1 pour Suez Environnement.

Les analystes espèrent également des prévisions pour 2012 et à moyen terme. «Ils vont probablement décevoir car le marché n’a pas encore intégré le nouvel environnement économique», prévient Exane BNP Paribas, anticipant des prévisions de bénéfice par action au moins 20% en dessous du consensus pour 2012.

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