La dette de son actionnaire historique complique le refinancement de FCC
Fomento de Construcciones (FCC) fait durer le suspense. Le groupe espagnol de construction n’a toujours pas convoqué l’assemblée générale qui doit se prononcer sur son projet d’augmentation de capital dont le principe avait été évoqué au printemps dernier au moment du refinancement des 4,5 milliards d’euros de dette. Le conseil devrait se réunir une nouvelle fois pour «éventuellement» fixer une date, indique le groupe. Santander, JPMorgan et Morgan Stanley ont déjà été mandatés pour diriger l’augmentation de capital.
Ce report viserait à donner plus de temps à Esther Koplowitz, l’actionnaire majoritaire historique de FCC, pour refinancer la propre dette de son véhicule d’investissement B-1998 à la tête de 43,47% du capital du groupe de construction et de services aux collectivités. Avec son autre holding, Azate, Esther Koplowitz détient 50,1% de FCC.
B-1998 n’aurait pas été en mesure de payer son échéance financière du mois de septembre. La structure porte une dette de près d’un milliard d’euros et a perdu l’essentiel de ses ressources lorsque FCC a été contraint d’arrêter le paiement du dividende en 2012 pour contenir sa propre dette. BBVA et Bankia sont les principaux créanciers de B-1998. Pour aider au remboursement de sa dette, B-1998 pourrait vendre une partie des bons de souscriptions d’actions qui seront attribués aux actionnaires lors de l’augmentation de capital de FCC. Mais la solution ferait alors perdre la majorité à Esther Koplowitz au sein du groupe créé par son père. Selon la presse espagnole, des négociations ont eu lieu avec George Soros, qui détient 4% du capital de FCC, pour aider Esther Koplowitz à restructurer la dette de sa holding. Mais elles auraient échoué en raison de la volonté de la femme d’affaires de conserver la même représentation au conseil d’administration.
L’augmentation de capital de FCC est cruciale pour le groupe de construction espagnol. Les fonds levés à cette occasion doivent servir à rembourser 1,35 milliard de dette PIK (payment-in-kind) extrêmement onéreuse. Cette tranche, dite B, paie des marges progressives au fil de ses quatre années de maturité, de Euribor +11% la première année à +16% la dernière. La marge peut être réduite à 6% en cas de remboursement anticipé partiel.
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