La dette contractée pour SFR limite la marge de manœuvre de Vivendi
Contrairement à Bouygues, Vivendi n’a pas l’intention de profiter de la faiblesse de son cours de Bourse, pourtant à ses niveaux de 2003 (16,96 euros hier soir), pour lancer un programme de rachat d’actions massif. Le groupe de médias et de télécoms n’en a pas les moyens. L’acquisition définitive mi-juin des 44% qu’il ne détenait pas au capital de SFR, pour 7,75 milliards d’euros, a envoyé sa dette nette à un pic de 14 milliards d’euros au 30 juin 2011, soit environ 2,5 fois le résultat opérationnel estimé pour 2011.
Selon Philippe Capron, le directeur financier de Vivendi, la dette commencera à diminuer au second semestre pour un «atterrissage en fin d’année 2011 autour de 13,5 milliards d’euros». Le dirigeant a rappelé lors de la présentation des résultats semestriels que le financement du rachat de SFR, bouclé avant les tumultes de cet été, a été réalisé dans de «bonnes conditions, avec un spread par rapport à l’Euribor inférieur au CDS (contrat de protection contre le risque de défaut, ndlr) du groupe». Les marges ne sont pas dévoilées, mais des indiscrétions au moment de la signature du crédit syndiqué de 5 milliards d’euros en avril évoquaient 35 points de base au-dessus de l’Euribor pour les lignes A et B, et 55 pb pour la tranche C. Au premier semestre 2011, le coût moyen de la dette financière brute de Vivendi s’élevait à 3,97% contre 4,06% un an auparavant. Le crédit a été complété par une émission obligataire de 1,75 milliard d’euros en juillet.
Désireuse de conserver la notation de la dette (BBB chez S&P et Fitch, Baa2 chez Moody’s), la direction de Vivendi se montrera sage en matière d’acquisitions même si quelques opérations de «petite ou de moyenne tailles» ne sont pas exclues, selon Jean-Bernard Lévy, le président du directoire. Il s’agirait alors de prendre position dans des «régions ou des activités à forte croissance», pourquoi pas dans de nouveaux métiers, à l’image du développement de SFR dans les paiements électroniques.
En revanche, cette politique semble exclure un rachat à Lagardère des 20% qu’il détient au capital de Canal+ France. Depuis le report au printemps du projet de mise en Bourse du bloc, initié par Lagardère, «nous n’avons pas eu de conversation», a indiqué Jean-Bernard Lévy. Avant d’ajouter que l’opération «n’est pas à l’ordre du jour, car l’intérêt stratégique pour le groupe est nettement moins élevé que celui du rachat de SFR».
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