La demande grandit pour les émissions d’obligations à taux variable
En annonçant le 20 décembre la possible résurrection des TEC, la France va peut-être faciliter dans le même temps la relance d’un petit segment du marché des obligations corporate. L’Agence France Trésor envisage d’émettre en 2012 des emprunts à taux variable, auxquels elle avait déjà eu recours dans les années 90, en fonction de la demande et des conditions de marché. S’il est à nouveau utilisé, l’indice TEC10 pourrait aussi servir de référence aux entreprises, et pas seulement à l’Etat ou aux signatures publiques, pour se financer à taux variable. Publié chaque jour sur le site de l’AFT, le taux reflète grosso modo les rendements à 10 ans de la dette française.
Certains groupes, comme la CNP ou le Crédit Foncier, avaient déjà émis des emprunts indexés sur le TEC10. Mais c’était il y a plusieurs années, lorsque le taux servait aussi de référence à plusieurs milliards d’euros d’obligations d’Etat. Début décembre, France Télécom a remis discrètement l’indicateur au goût du jour. L’opérateur télécom a réalisé un placement privé auprès d’investisseurs majoritairement français. Il a levé 272 millions d’euros avec une marge de 50 points de base au-dessus du TEC10, qui traitait la semaine dernière à 3,14%. La maturité des titres est de 10 ans, et Deutsche Bank était la seule banque chargée du placement.
«On constate aujourd’hui une forte demande pour ce type de papier de la part des assureurs et des fonds de pension européens, qui doivent servir du rendement à leurs assurés, explique Michael Haize, responsable des marchés de capitaux chez Deutsche Bank à Paris. Les titres indexés sur du 10 ans flottant leur permettent de se prémunir contre une hausse des taux».
Des produits de substitution existent déjà pour les investisseurs: des obligations à taux variable prenant comme référence le CMS 10 ans, le taux des asset swaps, largement utilisé par les émetteurs. «Se caler sur le TEC10 permet de prendre comme référence directe l’OAT, en évitant la volatilité liée aux asset swaps», souligne cependant Michael Haize.
Selon le banquier, la taille de l’opération France Télécom, relativement élevée pour un placement privé, laisse espérer à terme des émissions publiques indexées sur ce taux.
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