La défense d’Hermès est suspendue à la décision de l’AMF
Le dossier Hermès est désormais entre les mains de l’AMF. Les actionnaires familiaux du groupe de luxe ont déposé hier soir une demande de dérogation à l’obligation de lancer une offre publique. La réponse du régulateur sur la création de cette holding familiale devrait intervenir dans quelques semaines.
La famille fonde sa demande sur l’article 234-9 7° du règlement général de l’AMF sur les opérations de reclassement intragroupe, «ce qui semble assez largement plaidable», note Oddo. L’AMF «devrait donner son accord sans obligation de lancement d’une OPA, estime Aurel BGC.Nous ne voyons pas la famille lancer une telle initiative sans avoir des garanties de la part de l’AMF et sans avoir sondé l’autorité».
Dimanche soir, la famille Hermès a annoncé son engagement «irrévocable» de constituer une holding familiale représentant plus de 50% du capital d’Hermès International. Cette holding ne sera créée qu’après l’obtention de la dérogation par l’AMF. Les actionnaires familiaux apporteront une partie de leurs titres à cette nouvelle société familiale, le solde, environ 23%, permettra d’assurer la liquidité pour ceux voulant monétiser leur participation. Toutefois, la holding bénéficiera d’un droit de préférence pour racheter ces titres familiaux. Les dividendes perçus par la holding serviront à financer ces rachats d’actions. A très long terme, cette structure est appelée à détenir toutes les actions de la famille.
Au cas où l’AMF n’accorderait pas de dérogation, la famille Hermès disposerait de trois options. Soit faire appel de la décision du régulateur, soit renoncer à la constitution d’une holding familiale au-delà du seuil de 30% du capital et opter pour d’autres structures, soit lancer une offre sur les minoritaires, représentant 26,6% du capital, dont les 17,1% détenus par LVMH.
Or, aux termes de l’article 234-6 du même règlement général «le prix proposé doit être au moins équivalent au prix le plus élevé payé par l’initiateur, agissant seul ou de concert […] sur une période de douze mois précédant le dépôt du projet d’offre». Reste sauve la possibilité de déterminer un prix en «fonction des critères d'évaluation objectifs usuellement retenus».
Au cours d’hier de 149,80 euros, la famille devrait débourser 4,2 milliards d’euros pour acheter 26,6% du capital ou 1,5 milliard si LVMH conserve sa participation. Si le titre a touché fin octobre un plus haut de 207,75 euros, il a perdu depuis 28%.
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