La crise risque d’accentuer les écarts dans les délais de paiement en Europe
Les difficultés d’harmonisation entre pays européens s’appliquent également aux délais de paiement interentreprises. Alors que les Etats membres de l’Union sont censés avoir transposé au plus tard le 16 mars 2013 la directive imposant un délai maximum de 60 jours de chiffre d’affaires, l’analyse qui vient d’être publiée par Euler Hermes met en évidence une évolution tendancielle conduisant à une «Europe à trois vitesses».
En tête figure l’Allemagne avec un délai client moyen de 24 jours en 2010 qui s’est amélioré de 21% au cours de la dernière décennie, suivie de la Pologne à 45 jours. Tout comme la Belgique, la France est dans une situation intermédiaire avec un délai de 61 jours qui s’est réduit de 10% depuis l’an 2000 et se rapproche de la norme de 60 jours introduite dès 2009 par la loi de modernisation de l’économie.
Avec des délais de 75 et 80 jours en Espagne et au Portugal, voire 100 jours dans le cas de l’Italie en 2010, le retard pris par l’Europe du Sud semble en revanche impossible à combler dans les délais impartis? Compte tenu de leur situation économique, «une réduction trop abrupte des délais de paiement contractuels risque d’accroître le nombre de défaillances à court terme et de fragiliser plus encore le tissu industriel des pays», relève Ludovic Subran, chef économiste d’Euler Hermes. La conjoncture défavorable de l’année 2012 dans cette région risque d’ailleurs d’allonger ces délais de paiement de 2% en Italie et de 2,5% en Espagne, estime le groupe d’assurance-crédit. Ceux-ci se raccourciraient en revanche de 2% en Pologne, d’où une convergence intra-européenne encore plus ardue à réaliser.
Au sein d’un même secteur d’activité, on remarque également des disparités parfois très importantes entre le Sud et le Nord. Cela s’applique notamment à la construction en Espagne, où «le délai fournisseurs record de 157 jours est 5,6 fois plus long qu’en Allemagne (28 jours), tandis que le délai clients est 5,2 fois plus long qu’au Royaume-Uni», constate Euler-Hermes. Dans la chimie, les délais de règlement clients en Italie sont 3 fois plus longs qu’outre-Manche. Enfin, dans les services informatiques où les grands donneurs d’ordre imposent leurs délais aux acteurs de la filière, les délais de paiement des clients espagnols sont 2,2 fois plus longs qu’au Royaume-Uni, et 2,7 fois pour les délais fournisseurs.
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques espagnoles maintiennent le cap malgré la guerre au Moyen-Orient
La vitalité de l'économie du pays et la diversification des modèles soutiennent la trajectoire des principaux acteurs bancaires. -
Le potentiel de progression des marchés actions est désormais très limité
Les indices européens et américains sont attendus en hausse de 2 % à 3 % en six mois et de 6 % à l'horizon d'un an. Les perspectives sont encore plus réduites pour le Nikkei, qui a pris beaucoup d’avance, avec un gain de 18 % depuis le début de l’année. -
Les investisseurs en crédit se montrent prudents mais confiants
Les sociétés de gestion du panel crédit de L’Agefi restent majoritairement dans la neutralité quant à leur exposition au crédit et aux perspectives à un mois. Une douzaine d’entre elles optent toutefois pour la surpondération sur cette classe d’actifs.
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
Global BritainGuerre au Moyen-Orient : la sinistrose sans précédent de Mayfair !
La fin de l’âge d’or des « années fric » à l’Est de Suez a sonné. Impair et manque… -
Nouveau monde« Dans la défense, il faut produire plus vite, plus simple et moins cher »
Deux ans après le rachat du français Arquus, Jean-Luc Maurange, directeur exécutif de John Cockerill, décrypte le nouvel univers de la défense -
EconomiesNouvelles coupes budgétaires : les hôpitaux sur leurs gardes
Le gouvernement a annoncé chercher deux milliards d'euros d’économies dans le champ social en cas de blocage durable du détroit d’Ormuz