La crise de la zone euro fragilise le financement des investissements d’Air France-KLM
La crise des dettes souveraines en zone euro va rendre plus difficile le financement des investissements d’Air France-KLM. Contraintes de limiter leur exposition au billet vert, plusieurs grandes banques françaises (Société Générale, BNP Paribas, Natixis) ont récemment indiqué qu’elles allaient restreindre les prêts accordés aux compagnies aériennes pour financer l’achat d’avions, négocié en dollars auprès des constructeurs (prix catalogue de 300 millions de dollars pour un long-courrier Boeing 777).
Philippe Calavia, directeur financier d’Air France-KLM, juge cette situation «préoccupante», étant donné que le recours au marché obligataire comme source de financement alternative est «bien plus difficile» qu’en 2009. Bien que la compagnie franco-néerlandaise se soit davantage financée auprès des banques asiatiques au cours des derniers mois, les établissements de crédit français représentent encore 13% de sa dette financière. «Nous avons eu la chance de renouveler nos lignes de crédit avant la crise», souligne Philippe Calavia en ajoutant que ces lignes sont utilisables jusqu’en 2017.
Si les liquidités totales du groupe calculées au 30 septembre paraissent confortables à 5,25 milliards d’euros, 6 milliards de dette sont néanmoins remboursables d’ici 2015 (voir graphique), soit plus de 60% de sa dette financière brute. Compte tenu de la détérioration des perspectives économiques, un cash-flow libre négatif est loin d’être exclu pour 2012. Même si la cession de sa participation de 15% dans Amadeus pourrait lui rapporter 800 millions d’euros, la réduction évoquée de son budget d’investissement de 1,3 milliard d’euros l’an prochain pourrait constituer la seule parade efficace pour éviter une détérioration trop importante de sa structure de bilan.
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