La crise ampute la valorisation des groupes de services à l’environnement
Le ralentissement de l’activité industrielle en Europe a fini par avoir raison de la résistance des groupes de services à l’environnement (gestion des déchets, distribution d’eau…). La semaine dernière, en révisant à la baisse ses prévisions annuelles, Suez Environnement a confirmé le lien qui noue l’activité du secteur à la croissance économique. A la fin du mois de mai 2012, les volumes de déchets collectés et traités par la filiale de GDF Suez ont diminué de 4% par rapport aux cinq premiers mois de 2011. Le déclin s’est accéléré: la baisse n’était que de 3% à fin mars.
Si cette tendance se maintenait jusqu’à la fin de l’année, cela conduirait, selon les estimations de la direction, à amputer de 80 millions d’euros l’ebitda annuel de la division, soit une coupe brute de l’ordre de 10%. Veolia Environnement n’a fait aucune annonce mais le concurrent de Suez Environnement ne devrait pas échapper lui non plus à la dégradation de son activité de traitement des déchets (22% du chiffre d’affaires du groupe). Raymond James a réduit, par précaution, de 2% son estimation d’excédent brut d’exploitation 2012.
L’année 2009 permet de mesurer le risque qui pèse sur les résultats des groupes de services à l’environnement. Avec une chute de 7,8% de son chiffre d’affaires dans les déchets, Veolia avait vu sa marge opérationnelle tomber à 4% cette année-là, contre 6,2% en 2008. Celle de Suez Environnement était passée de 8,1% à moins de 6%. Or compte tenu du poids de cette activité dans le modèle de Suez Environnement, qui assure à elle seule environ 44% du chiffre d’affaires du groupe, l’impact de ce dérapage est conséquent sur la valorisation. Les analystes de Raymond James Equities l’estime dans leur modèle à 2,6 euros par action. Pour Veolia Environnement, la perte atteint 2 euros par action. Afin de préserver leur cash, les deux groupes ont lancé ces derniers mois des plans d’économies dans ces activités mais leur structure à coûts fixes entraîne une forte inertie.
Cette pression sur la valorisation a contraint l’allemand E.ON à renoncer ces derniers jours à vendre sa filiale de valorisation énergétique des déchets. Le groupe avait reçu plusieurs offres mais les prix offerts par les différentes parties intéressées (les noms de MVV Energie, EQT Partners et Morgan Stanley ont été évoqués) n’ont pas été jugées à la hauteur. Les doutes sur la charge d’activité des 18 unités d’incinération d’E.ON a poussé les acheteurs à la plus grande prudence.
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