La crainte d’une guerre des prix pour sa division diabète fait plonger Sanofi
Déjà fragilisé par les tensions qui règnent au sein de son conseil d’administration, Sanofi a chuté de 10,64% à 74,53 euros hier après la publication de ses résultats trimestriels. Le groupe n’est plus la première capitalisation de la Place après avoir perdu 11,8 milliards d’euros en une séance. Pourtant, le laboratoire a dévoilé des chiffres en ligne avec le consensus, avec un résultat net des activités de 1,9 milliard d’euros (+ 9,4% à changes constants) pour un chiffre d’affaires de 8,8 milliards (+5,1%). D’ailleurs, Sanofi confirme son objectif 2014 de hausse de 6 à 8% de son bénéfice net par action, après une progression de 10,1% sur les neuf premiers mois de l’année.
Toutefois, l’horizon s’assombrit pour 2015. L’environnement «plus difficile en termes de prix sur le marché du diabète aux Etats-Unis aura un impact sur nos ventes diabète au cours de 2015», a prévenu Chris Viehbacher, directeur général de Sanofi. Au troisième trimestre, la division diabète a enregistré une hausse de 8,3% de ses ventes, contre +14,7% au premier semestre. Aux Etats-Unis, la progression se limitait à 5,8% au troisième trimestre «reflétant une augmentation de la pression concurrentielle au niveau des payeurs». De fait, Sanofi a dû y baisser le prix de Lantus – son blockbuster, qui a dégagé 5,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2013, dont 3,7 milliards aux Etats-Unis – face à la compétition du danois Novo Nordisk. Ce dernier a aussi reculé de 5% à la Bourse de Copenhague, dans la crainte d’une guerre des prix entre les deux laboratoires.
Face à cette annonce surprise, les analystes devraient revoir leurs prévisions à la baisse. En effet, Sanofi anticipe une stabilité en 2015 des ventes de sa division diabète (20% des ventes 2013), alors que les analystes anticipaient une nouvelle année de croissance. Sanofi mise sur sa nouvelle insuline Toujeo et sur la forte croissance dans les émergents (+19,3% pour les ventes de Lantus au troisième trimestre) pour limiter l’impact des baisses de prix de Lantus outre-Atlantique.
Par ailleurs, Chris Viehbacher s’est refusé à préciser si le conseil lui accorde toujours sa pleine confiance. En revanche, il assure qu’il «n’y a pas de plan majeur pour faire quoi que ce soit en France ou ailleurs concernant les produits matures». Le projet de vente de ce portefeuille, de 5,5 milliards d’euros, serait aussi une des raisons du conflit avec certains administrateurs.
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