La contestation progresse dans les assemblées générales suisses
Si les résolutions 2017 sont encore adoptées à 95,4%, la part de celles approuvées à moins de 80% passe de 4% à 7% en un an.
Publié le
Bruno de Roulhac
Malgré les scandales, les banques privées suisses gardent des atouts. Photo DR.
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Si la saison 2017 desassemblées générales françaises s’est révélée plus paisible qu’anticipé, en Suisse, la grogne monte. Les résolutions des 200 sociétés du Swiss Performance Index (SPI) ont été approuvées en moyenne à 95,4%, contre 96,3% en 2016, constate l’étude annuelle d’Ethos. Les taux les plus faibles concernent le vote consultatif sur le rapport de rémunération (86,87% contre 89% en 2016) et les augmentations de capital (89,4% contre 92,4%).
Cette contestation des actionnaires progresse, mais demeure relative. Toutefois, près de 7% des résolutions ont été approuvées à moins de 80%, contre 3,6% en 2016. Et même 27 résolutions ont été rejetées par l’assemblée générale, dont neuf nominations d’administrateurs et huit votes sur les rémunérations. D’ailleurs, une trentaine de résolutions votées dans des sociétés contrôlées (avec au moins un tiers des droits de vote) n’auraient pas été approuvées si l’on avait tenu compte du seul vote des minoritaires, constate la fondation suisse. Sur les 50 résolutions adoptées, mais avec les plus faibles scores, plus de deux tiers concernent des élections d’administrateurs et les rémunérations des dirigeants. « L’augmentation de la contestation démontre le réveil des actionnaires qui ont compris qu’ils ont des droits à faire valoir », commente Vincent Kaufmann, directeur d’Ethos. De quoi inciter les entreprises à améliorer le dialogue avec leurs actionnaires, voire à l’initier.
Les actionnaires s’opposent davantage aux rémunérations des dirigeants et des administrateurs des sociétés suisses. Ainsi, 21% des votes consultatifs sur les rapports de rémunération ont été approuvés à moins de 80%, contre 16% en 2016. Un directeur général du SPI touche en moyenne 2,2 millions de francs suisses (7,4 millions en moyenne pour les 20 sociétés composant le SMI). Des rémunérations moyennes restées quasiment constantes.
Toutefois, au sein des cent plus grandes sociétés, la rémunération globale des instances dirigeantes du secteur financier a progressé de 4% alors que les bénéfices ont reculé de 16%. Cette déconnexion avec la performance «est, avec raison, de plus en plus sanctionnée par les actionnaires», souligne Ethos.
Par ailleurs, le salaire fixe représente environ 45% de la rémunération globale. Dans 44% des cas, la part variable n’est pas plafonnée. Et près d’une société sur deux ne prévoit pas de plan à long terme pour son directeur général. Ce qui laisse des marges d’amélioration…
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