La consolidation du secteur pétrolier pourrait reprendre de plus belle
Bien qu’elle soit surtout défensive, l’opération transformante de Shell sur BG pourrait engendrer une nouvelle phase de concentration au sein du secteur. Selon les analystes de CM-CIC Securities, «ce rachat est d’abord motivé par le très faible taux de remplacement des réserves de Shell (seulement 26% en 2014) et par l’érosion de ses volumes de production (3,1 millions de barils par jour l’an dernier contre 3,32 en 2010)».
Si la production de BG a récemment stagné, celui-ci «affiche d’excellentes performances sur le remplacement de ses réserves (137% sur un an et 158% sur trois ans) grâce à une présence étendue au Brésil et au GNL en Australie et aux Etats-Unis».
Pour Citigroup, «cette transaction, qui arrive avant l’échéance de 2016 dans notre scénario de base, est cohérente avec notre opinion selon laquelle de nombreux pétroliers auront recours à des opérations de M&A pour diminuer leurs coûts». Ce mouvement «ne devrait pas se limiter à l’Europe mais s’étendre à l’échelle mondiale», juge de son côté Christopher Kummer, président de l’organisme de recherche britannique IMAA (Institute of Mergers, Acquisitions & Alliances).
Les spécialistes du secteur estimaient en majorité jusqu’ici que les vendeurs et les acquéreurs auraient du mal à se mettre d’accord sur les valorisations. Depuis juin 2014, l’indice boursier MSCI World Energy a en effet reculé de 25%, un repli deux fois moins important que celui des cours du brut sur la période. Mais le rachat de BG Group «va mettre la pression sur les autres majors», estime Aneek Haq, responsable du secteur pétrolier chez Exane BNP Paribas à Londres, en ajoutant que la première réaction pourrait venir du leader mondial Exxon. Si Total est également perçu comme un prédateur potentiel, BP devrait rester à l’écart car il n’en a pas encore fini avec les conséquences juridiques et financières de la marée noire du golfe du Mexique en 2010.
Les rapprochements intra-européens pourraient cependant buter sur des obstacles politiques et sociaux, les gouvernements et syndicats voyant d’un mauvais œil les pertes d’emplois découlant d’une fusion entre leurs «champions nationaux». Par ailleurs, une concentration accélérée entre majors «entraînera vraisemblablement une vague de consolidation entre acteurs des services pétroliers et gaziers. Ceci placerait le néerlandais Fugro en première ligne en raison de sa masse critique insuffisante», avance-t-on chez SNS Securities.
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