La concurrence entre les agences de notation progresse à pas comptés aux Etats-Unis
Le marché américain des agences de notation se porte bien mais demeure très concentré. Ce sont en substance les deux messages principaux livrés au Congrès américain par le rapport annuel de la Securities and Exchange Commission (SEC) sur les dix agences de notation reconnues au plan national. Selon la SEC, le chiffre d’affaires global de l’industrie a ainsi augmenté en 2013 de 7,5%, à 5,4 milliards de dollars, tandis que les effectifs d’analystes travaillant dans le secteur ont grimpé de 4,9%, à 4.218 postes.
A l’instar du rapport publié l’an dernier, la SEC souligne que le marché demeure trusté par Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch Ratings. Les trois agences ont totalisé 94,5% des revenus du secteur, contre 94,7% en 2012, pour 90,3% des analystes (-0,4 point de pourcentage). «A la fin décembre 2013, S&P, Moody’s et Fitch étaient les trois premiers émetteurs de notations dans chacune des classes d’actifs à l’exception des notations d’assureurs», note le rapport.
L’encours de titres gouvernementaux, la classe d’actif la plus concentrée, a ainsi été noté à plus de 99% par les trois agences. L’indice de concentration calculé par la SEC ressort à 2,46 pour ce segment de marché, qui est donc équitablement réparti entre 2,46 agences de notation (Fitch ne totalise que 10,9% des notations).
«Alors que l’agrégation des cinq catégories de notation montre que la concentration de l’industrie a augmenté depuis 2008, elle a légèrement décliné si l’on exclut les obligations gouvernementales», constate néanmoins la SEC. Le compartiment le plus ouvert à la concurrence est celui des institutions financières (indice de 3,99), où DBRS et KBRA ont originé respectivement 7,1% et 8,3% de l’encours de notation. Suivent les compagnies d’assurance (3,68), où A.M. Best est le deuxième acteur avec 24,2% du stock de notations, derrière S&P (38,7%).
Afin de favoriser la concurrence, le rapport rappelle que la SEC a assoupli fin août certaines règles d’application de la loi Dodd-Frank. Le gendarme boursier a notamment réduit le champ des notations de crédit incluses dans les statistiques de performance pour quatre des cinq classes d’actifs, «afin de réduire l’impact sur les plus petites agences de notation».
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