La cession de Servisair ne va pas améliorer le profil opérationnel de Derichebourg
Compte tenu de l’ampleur de sa dette, Derichebourg avait peu d’autre choix que de céder sa filiale de services aéroportuaires, Servisair, le «joyau du groupe» selon le courtier Gilbert Dupont. Pourtant, l’opération officiellement signée la semaine dernière avec Swissport, propriété du fonds PAI, renforce les interrogations sur le modèle du groupe de recyclage. Le cours de l’action a perdu hier 3,43% à 2,47 euros, se rapprochant du plus bas annuel touché début juillet avant l’annonce des négociations avec Swissport.
«Au terme de cette cession, le groupe retrouvera son profil précédent avec une activité majoritairement dédiée aux services à l’environnement, activité extrêmement cyclique soumise aux évolutions des prix des métaux ferreux et non ferreux», craignent les analystes d’Oddo. Selon Natixis, «le recyclage représente désormais 60% du résultat opérationnel en bas de cycle et beaucoup plus (plus de 80%) en haut de cycle», avec un niveau de marge cinq à six fois inférieur à celui des services aéroportuaires.
Or, compte tenu de la faiblesse de l’économie européenne et du ralentissement en Chine, les prix des matières premières recyclées s’érodent. Le cours de la ferraille a chuté de 15% entre avril et juin, quand ceux du cuivre, du zinc ou de l’aluminium baissaient entre 9% et 15%. Conséquence, le chiffre d’affaires des activités de recyclage devrait plier de 13% cette année, selon Gilbert Dupont. Dans ces conditions, «le groupe ne devrait pas générer de cash-flow en 2014», estime Natixis qui valorise Derichebourg 2,3 euros par action, sans décote «dans la mesure où le risque lié à une dette excessive a disparu».
La vente de Servisair a en effet permis de desserrer l’étau de la dette. Réalisée sur la base d’une valeur d’entreprise de 450 millions d’euros, soit 0,6 fois le chiffre d’affaires et 5,6 fois l’Ebitda de la filiale, selon Oddo, la cession réduira l’endettement de 330 millions d’euros et divisera par deux le stock de dette du groupe. Avec une dette nette représentant environ 2,5 fois l’Ebitda, les covenants seront de nouveau respectés, estime la Société Générale. Mais «l’économie de charges financières sera largement absorbée par la perte de contribution au niveau de l’opérationnel», regrette Oddo.
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