La cession d’Activision Blizzard par Vivendi va prendre un peu de retard
Une nouvelle fois, Vivendi doit faire face à la justice américaine. La cession de la majeure partie de sa participation dans Activision Blizzard (AB), sa filiale de jeux vidéo, qui devait être finalisée avant la fin de la semaine est reportée sine die.
Un actionnaire d’Activision Blizzard a déposé la semaine dernière devant un tribunal américain une plainte contre le vendeur, Vivendi, et les deux acquéreurs, Activision Blizzard et ASAC II LP, un consortium d’investisseurs mené par le directeur général et le co-fondateur d’Activision Blizzard.
Fin juillet, Vivendi avait annoncé la vente de 85% de sa participation, soit 53% du capital de sa filiale de jeux vidéo à Activision Blizzard lui-même (38%) et à ASAC II (15%) pour 8,2 milliards de dollars (6,1 milliards d’euros). Le groupe français conserve 7% du capital d’AB, soit 12% après annulation des titres rachetés par AB. Le plaignant estime que l’opération aurait dû être soumise au vote de l’assemblée générale des actionnaires d’AB.
Un tribunal américain du Delaware a fait droit à cette demande et a bloqué la transaction, sauf si cette décision est renversée ou si l’opération est approuvée par un vote des actionnaires d’Activision Blizzard. Pour l’heure, Vivendi et Activision Blizzard déclarent examiner «toutes les options». La convocation d’une assemblée générale extraordinaire semble la voie la plus simple, la moins onéreuse et la plus rapide. Si les parties intéressées (Vivendi détient 61,1% du capital) ne pourront pas prendre part à ce vote, les minoritaires (essentiellement des institutionnels américains) devraient néanmoins approuver l’opération. Depuis l’annonce de la cession, «le titre Activision Blizzard a progressé de 13% contre +2% pour le S&P 500, note Oddo. Nous attribuons une bonne partie de cette surperformance à la relution à attendre sur le bénéfice net par action d’Activision Blizzard post annulation des titres détenus par Vivendi. Les actionnaires minoritaires ne nous semblent pas perdants».
Bien que cette cession prenne quelques semaines de retard, «la transaction sera finalisée avant la fin de l’année», anticipe Oddo, tandis que Natixis évoque un décalage de «quelques mois». En tout état de cause, ce retard «ne devrait pas avoir de conséquence sur l’opération de spin-off prévue pour le premier semestre 2014, poursuit Natixis. Par contre, un éventuel retour de cash à l’actionnaire devrait être décalé».
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