La cagnotte des entreprises non financières américaines ne cesse d’enfler

Les liquidités des sociétés notées par Moody’s atteignent 1.244 milliards de dollars fin 2011. Les valeurs technologiques sont en pointe
Benoît Menou
Un record de liquidités en dollars. Photo: PHB/Agefi
Un record de liquidités en dollars. Photo: PHB/Agefi  - 

Le sommet de la montagne de liquidités amassées par les sociétés non financières américaines est toujours plus difficile à discerner. A fin 2011, Moody’s estime ce trésor de guerre (pour un univers de 1.124 entreprises notées par l’agence) à un nouveau record de 1.244 milliards de dollars, en progression annuelle de 3%. En cinq ans, il bondit de 56%, alors que l’agence table sur une progression voisine de 1% sur 2012.

Il est vrai que le spectre de la récente crise du crédit hante toutes les mémoires. Pour l’analyste Richard Lane, responsable du rapport de l’agence, «les trésoriers gardent un souvenir très clair d’une fermeture rapide des marchés de capitaux, et je pense que les entreprises en général font grand cas de la maîtrise de leur destin d’un point de vue du financement et que notamment elles souhaitent être capables de satisfaire en interne leurs besoins d’investissement».

Hors Apple, le total des liquidités apparaît pourtant stable, alors même que les résultats ont atteint des records et que les montants consacrés aux dividendes et aux rachats de titres ont progressé. Mais l’agence souligne l’impact majeur de la progression des liquidités amassées hors des Etats-Unis (57% du total), et particulièrement dans les marchés émergents, Asie en tête. Des trésors non rapatriés du fait d’incidences fiscales négatives.

Les valeurs technologiques tiennent dans ce contexte le haut de l’affiche, et particulièrement Apple, dont les liquidités s’élèvent à 97,6 milliards de dollars fin 2011. Moody’s estime que ce montant pourrait bondir à 150 milliards fin 2012. Le groupe représenterait alors à lui seul 12% de la cagnotte globale. Suivent, à bonne distance, Microsoft (51,7 milliards), Cisco Systems (46,7) et Google (44,6). En cinquième place, Pfizer (35,2 milliards) est la première société hors du secteur technologique au sein du classement des «rois du cash» établi par l’agence.

Moody’s porte un jugement positif sur le renforcement de la liquidité des sociétés, comme bouclier face aux turbulences des marchés de capitaux ou des conditions d’activité. Qualitativement pourtant, l’agence reconnaît qu’abondance de cash peut voiler la perception du risque financier. Les dirigeants peuvent ainsi surpayer une acquisition. Même si en l’occurrence Moody’s apprécie alors la moindre nécessité de recours à l’endettement.

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