La Bourse américaine doit permettre à certaines biotechs françaises de se financer
Le rêve américain séduit de nouveau les biotechs françaises. DBV Technologies, spécialisée dans le traitement des allergies alimentaires, a fait hier ses premiers pas sur le Nasdaq. La biotech a levé 91 millions d’euros, dont 73 millions sous forme d’American depositary shares (ADS). Cette opération va permettre à DBV de poursuivre le développement de Viaskin Peanut, contre les allergies à l’arachide, un futur blockbuster qui doit entrer en phase III avant la mi-2016 pour une commercialisation en 2017. A Paris, la capitalisation de DBV a déjà été multipliée par plus de quatre fois depuis le début de l’année !
Echaudé en 2010 par les déboires de son anti-inflammatoire Naproxcinod, qui avaient entrainé en peu de temps une chute de 70% de la valeur, Nicox envisage aussi de rejoindre la Bourse américaine.
Mais un mouvement de cotation sur le Nasdaq «ne devrait pas se généraliser, souligne Mickael Chane-Du, analyste chez Gilbert Dupont. Il concerne surtout les biotechs correspondant aux attentes du marché. Actuellement, l’appétit des investisseurs américains se portent notamment sur des segments tels que l’immuno-oncologie, avec des sociétés comme Innate Pharma. D’ailleurs, si les futurs résultats cliniques de cette dernière devaient être convaincants, il est très probable que les portes du Nasdaq lui seront ouvertes ». Une cotation aux Etats-Unis «doit répondre à une vraie logique industrielle, explique Daniel Anizon, analyste chez Invest Securities. La biotech doit y être présente à travers des essais cliniques ou la commercialisation d’un médicament. Aussi, cela a un sens pour DBV Technologies ou pour Nicox. D’autres sociétés pourraient y voir un intérêt, comme par exemple Vexim qui vient d’ouvrir un bureau à New York et prépare un essai FDA ».
En allant aux Etats-Unis, les biotechs françaises «peuvent éventuellement réduire l’écart de valorisation avec leurs homologues américains. Mais, par-dessus tout, elles ont alors accès à d’importantes sources de financement pour leur R&D, et ce bien plus qu’en France », poursuit Mickael Chane-Du. Toutefois, «l’expérience de cotation sur le Nasdaq de Genset et de Transgene leur a coûté très cher sans grande utilité, poursuit Daniel Anizon. D’ailleurs, pour les biotechs françaises, je crois davantage à la pertinence de l’entrée d’investisseurs américains à leur capital, à l’instar notamment de DBV, Innate, Genfit ou Cellectis ».
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