La bataille pour Electricité et Eaux de Madagascar se déplace devant le tribunal

Inquiet pour ses droits de vote, Guy Wyser-Pratte saisit le tribunal de commerce. La direction d’EEM assure n’avoir engagé aucune démarche pour limiter les droits
Olivier Pinaud

La tension monte entre François Gontier, PDG et principal actionnaire d’Electricité et Eaux de Madagascar avec 25% du capital, et Guy Wyser-Pratte, à la tête d’un concert œuvrant pour un changement de direction. Lors d’un conseil d’administration tenu vendredi après-midi, l’homme d’affaires franco-américain s’est inquiété d’une éventuelle action que pourrait engager la direction d’EEM pour priver le concert d’une partie de ses droits de vote (24,39% selon le dernier avis de franchissement de seuil transmis à l’Autorité des marchés financiers).

Selon plusieurs sources, Guy Wyser-Pratte a demandé à François Gontier de s’engager à ce que le bureau constitué lors de l’assemblée générale du 19 décembre ne limite pas les droits de vote du concert. Le PDG d’EEM a répondu qu’il n’était pas dans son pouvoir de s’engager ainsi à la place du bureau. Interrogée par L’Agefi, la direction a simplement expliqué n’avoir «à ce jour, engagé aucune démarche en vue d’une limitation des droits de vote».

Pour garantir ses droits, Guy Wyser-Pratte engagera cette semaine auprès du tribunal de commerce de Paris une action en référé d’heure à heure afin «que soient ordonnées des mesures propres à sauvegarder à titre conservatoire le libre arbitre de tous les actionnaires et, à défaut, le report de l’assemblée générale». Une première action, sur le fond, a déjà été ouverte par Baudoin de Pimodan, ancien directeur général d’EEM, dans le but de «préserver le sens des votes, quel qu’il soit, de toute contestation à venir». Mais celle-ci ne devrait être jugée qu’après l’AG.

En plus de décider de l’affectation du bénéfice annuel et de nommer un commissaire au compte, l’AG du 19 décembre doit surtout se prononcer sur la composition du conseil d’administration d’EEM. D’un côté, François Gontier demandera la révocation de Guy Wyser-Pratte, et son remplacement par Didier Cornardeau, président de l’association des petits actionnaires actifs (Apac). De l’autre, Guy Wyser-Pratte et ses alliés proposeront la révocation et le remplacement de tous les administrateurs actuels. L’homme d’affaires vise ensuite la présidence du conseil. Une nomination qui nécessitera néanmoins un changement des statuts de la société lors d’une assemblée générale extraordinaire, Guy Wyser-Pratte, âgé de 71 ans, ayant dépassé la limite statutaire.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...