La bataille entre Softbank et Dish pour le contrôle de Sprint Nextel se jouera à armes égales

En dépit de son accord de rachat avec Softbank, Sprint Nextel va ouvrir ses livres à Dish. Il recommande toutefois toujours l’offre du japonais
Olivier Pinaud

Engagé dans une lutte pour s’emparer de Sprint Nextel, Dish Network va disposer des mêmes informations que Softbank. Malgré leur accord initial conclu en octobre 2012, les directions du japonais Softbank et de Sprint Nextel ont accepté d’ouvrir les comptes de l’opérateur de télécoms américain à Dish Network. Un geste qui pourrait éviter d’éventuelles poursuites futures alors que plusieurs actionnaires, dont Paulson & Co et Omega Advisors, militent depuis plusieurs semaines pour la contre-offre de Dish Network.

Le groupe de télévision par satellite propose 17,3 milliards de dollars en numéraire et 8,2 milliards de dollars de titres, une offre mixte qui donnerait aux actionnaires de la cible une part de 32% dans la nouvelle entreprise. En face, Softbank, troisième opérateur mobile japonais, est prêt à mettre 12,1 milliards de dollars en numéraire et à injecter 8 milliards de dollars supplémentaires dans la nouvelle entité, laissant 30% du capital de celle-ci aux actionnaires de Sprint Nextel. Au total, cette offre valorise le troisième opérateur mobile américain à 6,22 dollars par action contre 7 dollars pour la proposition de Dish Network.

Même s’il a accepté de transmettre à Dish Network des données financières non publiques, le conseil d’administration de Sprint Nextel a réaffirmé son soutien à Softbank. Il recommande toujours à ses actionnaires de se prononcer en faveur de son offre. Une assemblée générale est programmée pour le 12 juin. De son côté, le groupe japonais est persuadé qu’il finira par l’emporter. Troisième opérateur mobile japonais, Softbank met en avant les synergies que permettra de générer le rapprochement. Le groupe pense dégager 2 milliards de dollars d’économies par an entre 2014 et 2017 puis 3 milliards les années suivantes. En revanche, Softbank doute que Dish Network puisse générer comme il l’affirme 11 milliards de dollars de synergies cumulées en raison de sa méconnaissance du marché des télécoms.

Pour autant, Softbank semble se préparer à une éventuelle surenchère. Alors que son financement était sécurisé, le japonais a annoncé vouloir émettre pour 400 milliards de yens d’obligations (environ 3 milliards d’euros) auprès des particuliers en juin pour financer en partie le rachat de Sprint. Il s’agira de la plus importante émission obligataire jamais lancée par une entreprise non financière japonaise.

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