La baisse de la consommation déprécie les électriciens européens

Le ralentissement de l’activité industrielle et l’entrée en service des actifs renouvelables pèsent lourdement sur la valeur des actifs en Europe
Olivier Pinaud

Censés offrir une bonne visibilité sur la génération à venir de résultats, les producteurs d’électricité européens ont sérieusement entamé leur réputation. L’avertissement lancé mardi par l’allemand E.ON et la prudence de la direction d’EDF concernant 2013 ont rappelé l’ampleur des difficultés auxquelles le secteur fait aujourd’hui face. Le ralentissement économique en Europe, couplé à de réels efforts en matière d’efficacité énergétique des grands consommateurs, pèsent sur la consommation d’électricité.

Johannes Teyssen, le directeur général d’E.ON, estime que le continent n’avait pas connu une telle anémie depuis la seconde guerre mondiale, provoquant par exemple une chute de 15% du prix de vente de l’électricité en Allemagne depuis le début de l’année. Conséquence directe, l’électricien allemand a été contraint de déprécier de 1,2 milliard d’euros au troisième trimestre la valeur de plusieurs actifs en Europe. Une décision que d’autres opérateurs risquent de devoir prendre dans les prochains mois.

La faiblesse de la consommation en Europe sera amplifiée par l’entrée en production des centrales produisant de l’électricité à partir d’énergies renouvelables. La mise en service de ces actifs, qui représentent à eux seuls, selon UBS, la taille du marché allemand, pèsera un peu plus sur les prix de vente et engendrera des surcapacités.

Selon Credit Suisse, les énergies renouvelables vont entailler de 10,2 milliards d’euros l’excédent brut cumulé des producteurs d’électricité des cinq plus gros marchés européens (Allemagne, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie). UBS, qui prévoit une baisse de 10% de la demande au cours des dix prochaines années, attend ni plus ni moins sur la période une division par deux de l’Ebitda des activités de production d’électricité des opérateurs européens.

Face à «cet immense défi», le directeur général d’E.ON a indiqué que le groupe réfléchissait à fermer ou à vendre des installations de production d’électricité conventionnelle pour adapter son offre à la demande actuelle et se déployer vers d’autres régions. En conséquence, le plan de cessions d’actifs a été augmenté de 2 milliards d’euros à 17 milliards.

Mais cet afflux d’actifs a un effet vicieux en pesant sur la valorisation des actifs du secteur. 23 milliards d’euros d’actifs énergétiques seraient à vendre actuellement en Europe selon Credit Suisse.

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