KPN envisage de céder sa filiale mobile outre-Quiévrain
Les performances décevantes de KPN l’an dernier ne devraient pas seulement entraîner un plan de restructuration comportant jusqu’à 5.000 suppressions d’emplois. Suite à des rumeurs de presse ce week-end, l’opérateur télécoms néerlandais a confirmé hier mener «une revue complète de ses options stratégiques concernant ses activités mobiles en Belgique», qu’il exerce à travers la société Base. Il précise que l’issue de cet examen «n’est pas encore claire» et que d’autres annonces seront faites «en temps utile».
Si Base est le plus petit des trois groupes de téléphonie mobile belges derrière l’opérateur historique Belgacom et Mobistar, filiale de France Télécom, «sa performance opérationnelle s’est améliorée avec une part de marché passée en 3 ans de 16% à 19% et une marge brute d’exploitation très solide de 35%», commentent les analystes de SNS Securities. Ils estiment que la principale raison de ce désinvestissement tient à un ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation (Ebitda) prévu pour KPN «toujours au-dessus de 2,5 fois d’ici fin 2014», soit un niveau similaire à celui de fin 2012.
L’anticipation d’une dégradation des performances de KPN cette année et une dette obérée par un déficit plus élevé de son fonds de retraite ont d’ailleurs conduit l’agence S&P à dégrader en février de «BBB+» à «BBB» la note de crédit à long terme de l’opérateur, en l’assortissant d’une perspective stable.
Le prix de cession de 1,8 milliard d’euros évoqué par Bloomberg «correspondrait à un multiple d’Ebitda de 6 fois pour l’exercice 2012» et ce montant permettrait au ratio d’endettement de descendre à environ 2,3 fois l’Ebitda, ajoute SNS Securities. La vente à un groupe de capital-investissement du type Apax Partners se ferait «à un prix plus faible qu’à un acteur industriel» comme Telenet. Un partenariat avec ce câblo-opérateur «ne contribuerait pas à désendetter KPN mais donnerait naissance à un acteur intégré significatif en Belgique», jugent de leur côté les analystes de Kepler Research.
L’opérateur a par ailleurs annoncé dès le mois de janvier son intention de céder avant l’été, pour un montant non dévoilé, l’ensemble des activités non néerlandaises de Getronics, soit un chiffre d’affaires d’environ 560 millions d’euros. Il avait à l’été 2007 pris le contrôle intégral de cette SSII en déboursant alors 766 millions d’euros.
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