Knight Vinke prône un changement radical de la direction de Carrefour
Knight Vinke revient à la charge sur Carrefour, après avoir obtenu au printemps dernier l’abandon du projet de scission de Carrefour Property. Dans une lettre ouverte au groupe de distribution, le fonds «engagé» demande implicitement le départ de Lars Olofsson, alors qu’il jugeait en juin dernier que son départ «serait catastrophique». Il propose aussi une direction opérationnelle bicéphale, avec un directeur général pour les pays émergents et un autre pour la France et les pays voisins.
D’une part, Knight Vinke, qui détient 1,5% du capital du distributeur, fustige le cumul des fonctions de président et de directeur général en place depuis le mois de juin dernier : «S’agissant du projet Planet, Lars Olofsson est à la fois juge et partie. […] Cette situation est loin d’être idéale et nous appelons le conseil à nommer un président indépendant dès que possible». D’autre part, «quant au rôle de directeur général, le groupe dispose en interne de grands professionnels ayant une réelle expertise dans le domaine de la distribution, en France, comme à l’étranger, poursuit Knight Vinke. L’éventuel parachutage d’un autre candidat externe par le conseil ne nous paraît pas justifié». De tels propos laissent sous-entendre un prochain départ de Lars Olofsson, ce que Carrefour a toujours nié.
Après la série de départs qui a secoué le groupe ces derniers mois, un peu de continuité serait nécessaire. Toutefois, si le plan «reset» ne se traduit pas dans les chiffres du premier semestre 2012, le PDG devrait se diriger droit vers la sortie. Mais pour toucher sa retraite complémentaire de 545.000 euros, il doit avoir trois avoir ans de présence dans le groupe, soit rester jusqu’au 1er janvier 2012.
Au cœur des interrogations de Knight Vinke demeurent les «Carrefour Planet». En juin dernier, il estimait déjà ce pari «risqué» et fustigeait alors un test limité sur six magasins : «On aurait préféré une période plus longue, avec un temps de réflexion». Carrefour compte avoir transformé 82 de ses 500 hypermarchés fin 2011, mais n’a toujours pas dévoilé les performances de ces magasins. Or, «le bon sens voudrait que les performances attendues soient au rendez-vous avant de passer à l’étape suivante – surtout lorsqu’il n’y aurait aucun plan alternatif envisagé en cas d’échec», poursuit la lettre. Tant Carrefour, que Blue Capital, son actionnaire à 14%, se sont refusés à tout commentaire.
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