Kaufman & Broad recherche un nouveau directeur général délégué
A la veille du long week-end de Pentecôte, le renvoi de Philippe Jossé, directeur général délégué de Kaufman & Broad est passé quasi-inaperçu. Il ne sera resté que le temps d’une période d’essai. Pourtant, lors de sa nomination en décembre 2012, il était présenté par certains comme le futur patron du groupe de promotion immobilière, appelé à prendre la suite du PDG Guy Nafilyan, âgé de 66 ans.
Toutefois, ce dernier vient de se faire reconduire pour un mandat de trois ans lors de l’assemblée générale du mois dernier. Ancien directeur Europe et directeur général Logement France de Bouygues Immobilier, Philippe Jossé avait pris ses fonctions le 1er février dernier, adoubé par Guy Nafilyan. Dans le communiqué laconique du 16 mai dernier, le conseil d’administration se borne à préciser qu’il met fin «immédiatement» aux fonctions de Philippe Jossé comme directeur général délégué, «à la suite de divergences de vues». Contacté par L’Agefi, la société s’est refusée à plus de commentaires.
Pour Gilbert Dupont, cette dissension stratégique «résulte d’un choc des cultures entre Bouygues et Kaufman & Broad. Le premier étant essentiellement positionné sur l’entrée de gamme sur l’ensemble du territoire français contrairement au second qui conserve une offre plutôt milieu de gamme dans les grandes agglomérations françaises». PAI, actionnaire de référence du groupe à hauteur de 88,7% du capital, souhaite trouver rapidement un successeur à Philippe Jossé, selon le bureau d’analyse.
En attendant, «nous ne pensons pas que cet événement remette en cause le processus de désengagement de PAI du capital dans la mesure où nous n’avons jamais adhéré à la thèse d’un rapprochement capitalistique entre Kaufman & Broad et Bouygues immobilier (deal potentiellement destructeur de valeur considérant les parts de marché respectives des deux acteurs), poursuit Gilbert Dupont. Nous pencherions plus vers une foncière voire un acteur du BTP ou un fonds».
Un départ précipité alors que l’assemblée générale du 25 avril dernier, a approuvé à la fois l’indemnité de départ, la clause de non-concurrence et la retraite complémentaire de Philippe Jossé. Ce dernier pourrait toucher une indemnité de départ de 350.000 euros (son brut annuel), tandis que l’indemnité de non-concurrence (sauf en cas de renonciation du groupe) sera limitée à 50% du fixe touché pendant ses quatre mois de présence.
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