Johnson & Johnson et Toshiba prennent le train des scissions
Le conglomérat japonais Toshiba et le groupe pharmaceutique américain Johnson & Johnson ont tous deux annoncé vendredi des projets de scission de leurs activités. Quelques jours après General Electric, qui a décidé d'éclater ses activités en trois sociétés distinctes, c’est une nouvelle preuve que le modèle de conglomérat ne fait plus recette.
Toshiba, dont les origines remontent à 1875, se scindera en trois entreprises d’ici à mars 2024. La première sera focalisée sur les infrastructures, la deuxième sur les dispositifs électroniques tels que les semi-conducteurs de puissance, et la troisième, qui conservera le nom de Toshiba, gérera la participation du groupe dans la société de mémoires flash Kioxia Holdings et d’autres actifs.
«Vous pouvez appeler cela une dissolution, mais je le vois comme une évolution vers l’avenir», a déclaré le directeur général de Toshiba, Satoshi Tsunakawa.
Ebranlé par une série de crise dont un scandale comptable en 2015, Toshiba était sous la pression d’investisseurs activistes. La révolte des actionnaires du groupe cette année a contribué à évincer le président du conseil d’administration et à mettre en place un comité spécial dominé par des financiers et des cadres ayant une expérience à l'étranger. Ce comité stratégique était chargé de trouver les moyens de réduire la décote de conglomérat du groupe. Une vente à des fonds de capital investissement a été étudiée - CVC avait fait une approche au mois d’avril - mais qui a été écartée pour des raisons de valorisation et par crainte d’opposition des autorités nippones.
Sous-performance boursière
De son côté, Johnson & Johnson se scindera en deux entreprises cotées d’ici 18 à 24 mois. La première regroupera ses produits grand public, dont les clients et ses marchés ont fortement divergé du reste de l’entreprise au cours des dernières années, notamment pendant la pandémie, a déclaré le directeur général du groupe, Alex Gorksy, dans un entretien au Wall Street Journal. La seconde comprendra les médicaments délivrés sur ordonnance, qui pesaient 55% des ventes en 2020, et les dispositifs médicaux (28% des ventes).
«La meilleure façon d’assurer une croissance durable à long terme et de mieux répondre aux demandes des patients et des consommateurs est de faire fonctionner notre activité grand public comme une entreprise de santé distincte», a expliqué le directeur général.
Cette décision fait aussi écho aux scissions réalisées par Pfizer et Merck. L’action Johnson & Johnson, qui a ouvert en hausse de 2,7% à Wall Street vendredi, n’a gagné que 4,9% depuis le début de l’année. Dans le même temps, l’indice Dow Jones Industrials s’est apprécié de 17%, le S&P 500 de 24%, et Merck de 36%.
Plus d'articles du même thème
-
La faiblesse du yen tourne au casse-tête pour le Japon
La devise nippone est au plus bas depuis 40 ans, malgré des interventions massives. La Banque du Japon ne semble pas en mesure d’y remédier de façon crédible. Les écarts de taux encouragent toujours plus les stratégies de portage sur les marchés mondiaux, avec les risques qu'un débouclage soudain comporterait. -
Soitec prévoit une croissance de plus de 30% des revenus au deuxième trimestre
Soitec a publié de manière anticipée un chiffre d'affaires trimestriel en forte hausse, tiré par l'explosion de la demande en IA et son activité Photonics-SOI. Les perspectives restent solides. -
Les régulateurs français et néerlandais dévoilent des propositions pour parvenir à la supervision centralisée
Dans le cadre du paquet de mesures dévoilées par la Commission européenne en décembre dernier, la surveillance centralisée est au cœur des débats. Pour réussir cette transformation, l’AMF et son homologue néerlandais (AFM) ont publié cinq recommandations.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
- Une dose de paramétrique peut venir au secours de l’assurance catastrophes naturelles
Contenu de nos partenaires
-
Ramer à contre-courantBudget 2027 : un effort de 35 milliards d'euros
En 2027, les dépenses publiques bondiraient de près de 60 milliards si rien n'est fait. Le gouvernement prépare pour 2027 un redressement ambitieux -
FeuilletonMonique Barbut, la bombe qui n’en finit pas d'embarrasser Lecornu
Le chef du gouvernement doit désormais composer avec une ministre imprévisible qui a menacé de démissionner à au moins trois reprises en neuf mois. Une répétition qui a démonétisé l’arme de négociation favorite de Monique Barbut -
ArbitragesBudget : grands dilemmes et petits comptes de Jean-Pierre Farandou
A la tête du poste qui doit le plus contribuer à l'effort budgétaire, le ministre du Travail tente d’éviter une nouvelle ponction de l’Unédic et réfléchit à des coups de rabot