Jean-Bernard Lévy veut faire changer Thales de dimension

Le PDG du groupe de défense vise dix milliards d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires et 10% de marge d’exploitation d’ici à dix ans
Olivier Pinaud

Après la réorganisation opérationnelle, la projection. Arrivé aux commandes de Thales il y a un peu plus d’un an, Jean-Bernard Lévy veut faire entrer le groupe dans une nouvelle dimension. Comme l’ont rapporté les Echos, son plan «Ambition 10», présenté récemment aux cadres de la société, prévoit de gonfler le chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros en dix ans, à comparer aux 14 milliards attendus pour 2013.

Cet objectif implique une croissance moyenne d’environ 6% par an, portée par les pays émergents. Dans les pays développés, le rythme de croissance devait tourner autour de 4%. Dans le même temps, voire à un horizon plus court, le niveau de marge devra également monter à 10%, soit 3 points de plus qu’actuellement.

Le plan est «ambitieux», estime chez Kepler Cheuvreux, «alors que la croissance moyenne du chiffre d’affaires était de 3% entre 2002 et 2012, avec un ralentissement du marché entre 2009 et 2012». Les 10% de marges sont jugés réalistes compte tenu de la trajectoire imprimée par la restructuration en cours et de nouvelles mesures à venir. Lancé en 2009, pour un montant initial annuel de 100 millions d’euros, le plan actuel pourrait permettre de réduire la base de coût de plus de 225 millions cette année, estimait récemment JPMorgan. Le montant pourrait encore être relevé.

Le groupe a annoncé durant l’été travailler sur un nouveau plan de performance devant prendre le relais dès 2015 de celui en cours. Il devrait notamment concerner les charges internes, dont les dépenses d’ingénierie ou les coûts généraux et administratifs. Le montant additionnel n’a pas encore été chiffré mais le mois dernier, lors d’un dîner avec des analystes, la direction avait reconnu que le groupe disposait encore de réserves d’économies importantes.

La réussite de ce plan à dix ans, dans un scénario idéal, pourrait porter la valeur de l’action à 70 euros, contre 41 euros actuellement, indique Kepler Cheuvreux, alors que le groupe est aujourd’hui, selon JPMorgan, la deuxième valeur de défense la moins chère en Europe avec une valeur d’entreprise représentant 6,8 fois l’Ebitda, 4 à 5 points de moins que le secteur.

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