Jaccar Holdings veut renforcer à bon prix son contrôle sur Bourbon
Le groupe de services maritimes à l’offshore pétrolier Bourbon crée la suprise. Jaccar Holdings, qui détient 26,2% du capital de la société, a dévoilé hier un projet d’OPA visant le solde des actions au prix unitaire de 24 euros, coupon rattaché. La holding de Jacques de Chateauvieux, président de Bourbon, offre ainsi une prime de 19% sur le cours moyen pondéré des 100 derniers jours de Bourse et de 24% sur le dernier cours de clôture. L’action a terminé hier à un niveau proche de l’offre (+23,36% à 23,84 euros).
L’opération est soumise à deux conditions : l’obtention d’au moins 50,1% du capital et des financements bancaires. Jaccar Holdings prévoit de transmettre l’offre à l’AMF courant avril, après la réunion du conseil d’administration de Bourbon prévue ce vendredi. La holding précise par ailleurs qu’elle n’a pas l’intention de procéder à un retrait obligatoire de la cote. «Cette offre aurait pour objet de permettre à Jaccar Holdings de renforcer sa position au capital de Bourbon et d’offrir une liquidité aux actionnaires», explique-t-elle dans un communiqué. Avant l’annonce de l’offre, le titre affichait un repli de 7% sur un an.
Les analystes livraient hier des avis mitigés. Ce projet «traduit surtout selon nous une sous-valorisation du groupe selon son principal actionnaire alors que pour notre part nous valorisons le titre à 20 euros», avance Oddo, qui conseille d’apporter, le cas échéant, ses titres à l’offre, alors que les perspectives restent aléatoires et que le flottant sera réduit (51% à fin décembre). De son côté, CM-CIC Securities note que la proposition de l’actionnaire de référence valorise la société à un niveau inférieur de 15% à sa valorisation «prudente» (27,30 euros), à un moment où Bourbon traverse une phase de désendettement rapide.
Engagée dans un plan de cession d’une partie de la flotte à hauteur de 2,5 milliards de dollars - Gilbert Dupont rappelle l’existence de plus-values latentes estimées à 900 millions d’euros - la société doit présenter au cours du deuxième semestre sa stratégie d’investissement à partir de 2015. En conclusion, CM-CIC Securities déplore un projet «insuffisamment généreux» pour apporter ses titres, «même si la structure actuelle de l’industrie des navires de support offshore et la structure de l’actionnariat de Bourbon rendent une surenchère improbable».
En se renforçant dans Bourbon, Jaccar Holdings pourrait aussi chercher à muscler son profil dans l’éventualité d’une entrée en Bourse. La holding a placé il y a moins de deux ans 100 millions d’euros d’obligations convertibles pré-IPO.
Plus d'articles du même thème
-
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux. -
Worldline maintient ses perspectives annuelles
Le spécialiste des paiements confirme ses perspectives annuelles après une hausse organique de l'activité. Sur l'ensemble de l'exercice, le groupe dirigé par Pierre-Antoine Vacheron prévoit de brûler 40 à 60 millions d'euros de cash. -
Les notaires élisent leur nouveau président
Pierre Jean Meyssan, notaire à Bordeaux, succède à Bertrand Savouré qui a effectué deux mandats consécutifs à partir de 2024.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester -
Caméléon« Emmanuel Macron est à la fois le premier sponsor des réseaux sociaux et un lanceur d’alerte »
Après les violences du 17 octobre, le président de la République relance l’idée de restreindre, voire de couper l’accès aux réseaux sociaux en cas d’émeutes. Sans aller jusqu'à parler de virage autoritaire, le député Renaissance des Côtes-d’Armor Eric Bothorel met en garde contre « une pente dangereuse ».