IVG Immobilien demande à la justice de gérer la restructuration de ses 3,2 milliards de dette
IVG Immobilien se place sous la protection de la justice. Le groupe allemand d’immobilier de bureaux et d’infrastructures n’a pas trouvé d’accord avec ses créditeurs pour restructurer ses 3,2 milliards d’euros de dette. La procédure dite de Schutzschirmverfahren, proche du Chapitre 11 américain, protège la société de ses créanciers pendant trois mois, le temps pour elle de trouver un accord validé par le tribunal. IGV Immobilien est conseillé par Rothschild et par le cabinet d’avocats Freshfields.
Un temps plus gros groupe d’immobilier coté à Francfort, IVG Immobilien ne capitalise plus que quelques dizaines de millions d’euros. Son parc d’immeubles de bureaux, dont la valeur est estimée à 4 milliards d’euros, a été vivement frappé par les conséquences de la crise financière. Le groupe est fortement présent à Francfort.
Le plan initial proposé aux créditeurs prévoyait une conversion de 2,15 milliards d’euros de dette en actions nouvelles ce qui aurait donné aux créanciers la totalité du capital, à 0,5% près. Les détenteurs du crédit syndiqué de 1,35 milliard d’euros auraient perçu 80% des nouvelles actions. Le solde aurait été attribué aux porteurs d’obligations convertibles pour 400 millions d’euros. Les détenteurs de dette hybride se seraient partagé la portion congrue avec les actionnaires actuels. Ces derniers auraient toutefois eu la possibilité de souscrire aux actions nouvelles à hauteur de 3%. Les créanciers seniors s’étaient engagés à apporter 140 millions d’euros en crédit relais afin de couvrir notamment les frais de la restructuration financière.
La taille du dossier, l’un des plus importants de ces derniers mois, et le nombre de créanciers compliquent la restructuration. Environ 200 prêteurs se partagent la dette d’IVG Immobilien, avec parmi eux plusieurs fonds spécialisés dans ces situations spéciales, comme Cerberus, Apollo Global Management, Aurelius ou Third Avenue.
La valeur des actifs d’IVG Immobilien fait également débat. Dans le plan proposé aux créanciers, la direction prévoyait de déprécier son portefeuille de 350 millions d’euros. Un montant insuffisant selon JPMorgan qui estime que les dépréciations devraient porter sur 735 millions d’euros. Le groupe doit publier ses résultats semestriels le 26 août.
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