Italcementi fait un geste pour tenter de séduire les minoritaires de Ciments Français
Italcementi prépare consciencieusement le terrain pour l’offre publique d’achat simplifiée qu’il entend lancer le mois prochain sur les 16% du capital de Ciments Français qu’il ne détient pas encore.
Le numéro un italien du ciment a relevé hier de 3 euros par action à 79,50 euros le prix proposé aux minoritaires (contre 78 euros y compris le solde de dividende de 1,50 euro versé le 5 mai). Après avoir dévoilé le projet début mars dans le cadre d’une simplification souhaitée de sa structure, le prétendant a donc attendu la publication des résultats des travaux d’évaluation tant de l’expert indépendant Finexsi désigné par la cible que des administrateurs indépendants de cette dernière.
De fait, Ciments Français a pu faire son choix et a indiqué soutenir l’offre améliorée d’Italcementi, le prix offert se situant «dans le haut de la fourchette de valorisation ». Pour le conseil, «le prix proposé reflète la valeur actuelle et le potentiel de croissance du titre Ciments Français». Il présente une prime de 23,6% par rapport au cours de clôture précédant l’annonce de l’offre.
CM-CIC de son côté juge que cette «offre modestement relevée» n’est «toujours pas assez équitable». Quand bien même «l’effort est à souligner», le courtier estime la juste valeur du titre visé entre 84,5 et 86,5 euros. Si dès lors Italcementi souhaite «légitimement (…) simplifier sa chaîne de contrôle», visant dans ce cadre le retrait de la cote de sa filiale, il «doit en contrepartie accepter d’en payer le juste prix». L’avis du marché semble plus mesuré. Alors que lundi le titre Ciments Français a clôturé à 78,0 euros, au-dessus du prix proposé alors par son prédateur, il a gagné hier 1,69% à 79,32 euros, en deçà du nouveau prix d’offre. Si les opérateurs semblaient donc attendre un geste de la part d’Italcementi, ce dernier les a rassasiés, à la seule lecture de l’évolution du cours hier.
Le groupe italien entend financer l’opération par une augmentation de capital d’un montant maximum de 500 millions d’euros, une opération approuvée le mois dernier par ses actionnaires réunis en assemblée. Détenteur aujourd’hui de 83,8% du capital de sa filiale (et 91,03% des droits de vote), Italcementi avance mettre sur la table un montant maximum total de 463,5 millions d’euros, tenant compte de l’éventuel apport des titres issus de la conversion de 90.300 stock-options exerçables en dessous du prix de l’offre.
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