In Vivo ouvre un nouveau mode de financement pour les coopératives agricoles
C’est une première pour le monde agricole coopératif français. Le groupe In Vivo, qui rassemble 223 coopératives françaises, a bouclé hier l’augmentation de capital de sa filiale de nutrition et de santé animales. In Vivo NSA a levé 215 millions d’euros auprès de 4 investisseurs, dont 114 millions auprès d’Eurazeo. La société d’investissement va devenir le deuxième actionnaire d’In Vivo NSA, avec 17% du capital, la holding de la coopérative détenant 67%.
Le solde des fonds a été apporté à parité par CDC International Capital, via Future French Champions, sa structure commune avec Qatar Investment Authority, par Unigrains et par Idia Capital Investissement du groupe Crédit Agricole. Présent au capital d’In Vivo NSA depuis 2007, ces deux derniers actionnaires ont réinvesti dans l’opération. CDC IC, Unigrains et Idia détiendront chacun 5,3% du capital.
«Avoir modernisé notre structure pour lever de nouveaux fonds est un changement structurant pour un groupe coopératif. En cela, nous sommes certainement en avance sur le modèle coopératif du futur», explique Thierry Blandinières, le directeur général d’In Vivo, qui pilote le plan de transformation de la coopérative à l’horizon 2025. L’ouverture du capital doit permettre à la filiale de nutrition et de santé animales de poursuivre sa politique d’acquisitions. Elle sera complétée dans les prochaines semaines par une émission de dette de l’ordre de 400 millions d’euros. «Obligataire, bilatéral ou syndiqué, toutes les options sont encore ouvertes», indique Hubert de Roquefeuille, le directeur général d’In Vivo NSA. Porté par la croissance des besoins mondiaux en protéines, la société vise 3 milliards de chiffre d’affaires d’ici à 2025, deux fois plus qu’en 2014, avec un Ebitda doublé à 200 millions.
Cette ouverture du capital pourrait aboutir, à terme, à une mise en Bourse d’In Vivo NSA, mais «pas avant cinq ans», précise Thierry Blandinières. Avant cela, la coopérative va travailler à l’organisation de ses deux autres métiers (agriculture; distribution grand public et agroalimentaire) sur le modèle d’In Vivo NSA, afin de se donner la possibilité à terme d’ouvrir également leur capital.
«Nous regardons les options mais nous n’en sommes pas au même niveau de maturité que NSA. Nous verrons dans trois ans», indique Thierry Blandinières.
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