Imerys s’offre un relais de croissance avec les activités talc de Rio Tinto

Le groupe de valorisation des minéraux paiera Luzenac 340 millions de dollars en valeur d’entreprise, soit une année de chiffre d’affaires
Bruno de Roulhac

Une semaine après avoir réaffirmé son intention de profiter des opportunités de croissance externe, Imerys est entré en négociations exclusives avec Rio Tinto pour l’acquisition du groupe Luzenac, l’un des leaders mondiaux du talc, pour une valeur d’entreprise de 340 millions de dollars (248 millions d’euros). Toutefois, le groupe de minéraux de spécialités reste avare de précisions, se refusant à détailler la part de dette portée par Luzenac. Le vendeur, qui poursuit son désendettement après le rachat d’Alcan, se félicite de cet accord. «Le succès de la vente de nos activités de talc serait une source de création de valeur pour nos actionnaires et s’inscrirait dans notre stratégie de recentrage sur nos actifs de grande taille», a commenté Guy Elliott, directeur financier de Rio Tinto.

Quoi qu’il en soit, la transaction se réalise sur la base d’un an de chiffre d’affaires, avec 340 millions de dollars engrangés en 2009. Si la rentabilité de cette activité de talc n’est pas dévoilée, Imerys assure que cette acquisition entre dans le cadre de ses exigences d’acquisitions offrant un minimum de 15% de taux de rendement interne. L’an dernier, Imerys a enregistré une marge opérationnelle courante de 12,5%.

Imerys financera l’opération par sa trésorerie, avec plus de 300 millions d’euros de cash flow libre opérationnel courant dégagés l’an dernier. Fin décembre, les ressources financières du groupe s’élevaient à près de 2,2 milliards d’euros, sans remboursement significatif avant fin 2012.

En élargissant ainsi son portefeuille d’activité, le groupe de valorisation de minéraux trouve un nouveau relais de croissance, lui permettant de se développer en particulier dans les polymères, les peintures, les céramiques et le papier. Implanté en Europe, Amérique du Nord et Asie, le groupe Luzenac emploie environ 1.000 collaborateurs, dont plus d’un tiers en France, et dispose de réserves minières sur ces trois continents. A partir de cette base, Imerys devrait développer la société sur d’autres zones géographiques. Le groupe pourrait en particulier accroître sa présence dans les marchés émergents. Ces pays pèsent actuellement 26% du chiffre d’affaires du groupe. La finalisation du rachat est attendue mi-2011, après consultation des instances représentatives du personnel et approbation des autorités réglementaires.

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