Imerys accroît son exposition aux marchés en croissance en achetant Amcol
Imerys profite d’un euro fort pour s’offrir l’américain Amcol pour une valeur d’entreprise de 1,6 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros), la plus grosse acquisition de l’histoire du groupe de minéraux de spécialités. Amcol, leader mondial de la bentonite, une argile utilisée notamment dans la fonderie (automobile), la construction (étanchéité) et le forage, a dégagé en 2013 un chiffre d’affaires de 1 milliard de dollars pour une marge d’Ebitda de 14%, contre 18% attendu pour son acquéreur.
Imerys offrira 41 dollars par action Amcol, soit une prime de 19% sur la moyenne 30 jours, et de 11,7% sur le cours de la veille. Hier l’action évoluait en matinée au-dessus du prix offert, même si l’opération a été approuvée à l’unanimité par les deux conseils. Cette offre valorise Amcol sur un multiple de 10 fois l’Ebitda 2014, contre 8,25 pour Imerys selon les données Bloomberg. Un prix «a priori pas forcément bon marché», note Aurel BGC, mais Gilles Michel, PDG d’Imerys, décèle un potentiel élevé de synergies, notamment sur les coûts, sans pour autant les chiffrer. Il les détaillera à la clôture de l’opération attendue au cours du premier semestre. Néanmoins, cette acquisition devrait être positive pour le bénéfice par action dès 2015. «Les deux sociétés parlent vraisemblablement le même langage technique, ce qui devrait limiter les risques d’intégrations», ajoute Aurel BGC.
En attendant, les analystes ont souligné la pertinence stratégique de cette acquisition, que le marché a saluée hier par une hausse de 4% du titre Imerys à 64,71 euros. Cette acquisition permettra à Imerys de compléter son portefeuille de minéraux et d’accroître son exposition aux marchés en croissance, Amcol dégageant 60% de ses revenus aux Etats-Unis et 18% en Asie-Pacifique «avec une jolie position en Chine tirée par le secteur automobile en particulier», a expliqué Gilles Michel.
L’opération, en numéraire, sera financée par endettement, mais Imerys assure qu’il conservera une marge face à ses covenants bancaires et une notation crédit «investment grade». Le groupe est actuellement noté «Baa2» avec une perspective stable par Moody’s. La dette nette pro forma fin 2013 serait d’environ 2 milliards d’euros, soit un ratio d’endettement de 90%. Le groupe qui dévoile aujourd’hui ses résultats 2013, avait une dette en fin d’année en ligne avec les 875 millions d’euros de fin 2012.
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