Hutchison Whampoa crée le premier opérateur mobile outre-Manche
Telefonica a annoncé hier avoir bouclé les négociations portant sur la vente de sa filiale britannique O2 à Hutchison Whampoa, le conglomérat contrôlé par le milliardaire hongkongais Li Ka-Shing. L’exclusivité des discussions avait été accordée par l’opérateur espagnol le 23 janvier dernier, pour une période de deux mois. Hutchison est déjà propriétaire de Three Mobile, le quatrième réseau britannique.
Le prix correspond à ce qui avait été annoncé à l’ouverture des négociations, à savoir 10,25 milliards de livres (soit 14 milliards d’euros). Les termes du règlement sont inchangés: Hutchison va payer 9,25 milliards de livres comptant (financés notamment par un prêt de six milliards), tandis que le milliard restant sera réglé lorsque le flux de trésorerie de la nouvelle entité mariant O2 et Three Mobile aura atteint un certain seuil, qui n’a pas été rendu public.
En revanche, aucun détail concernant le futur actionnariat n’a filtré: à l’ouverture des négociations, Hutchison avait indiqué que le groupe chercherait à céder jusqu’à 30% de l’entité élargie à des investisseurs. Selon Bloomberg, des discussions ont lieu avec Canada Pension Plan Investment Board, le singapourien GIC et Qatar Investment Authority.
Hutchison va pouvoir créer le premier opérateur mobile britannique, fort de 31 millions d’abonnés. Alors que ses concurrents (Vodafone, ainsi que BT Group, qui lorgnait O2 avant d’acquérir EE, filiale d’Orange et Deutche Telekom) tentent d’élargir leur offre pour séduire davantage de clients, le groupe hongkongais a parié sur la taille. «L’opération peut conduire à d’importantes synergies, mais il reste à savoir si cela suffira à être concurrentiel dans un marché britannique qui converge», déclare James Britton, analyste chez Nomura, à l’agence Bloomberg. Ainsi, avec l’acquisition d’EE, BT s’assure une présence dans les réseaux fixes et mobiles, tandis que le leader de la télévision payante Sky a signé un accord précisément avec O2 afin de proposer des offres groupées et que Vodafone, selon certaines rumeurs, tenterait d’acquérir le câblo-opérateur Liberty Global.
«L’entreprise souhaite allouer une part significative du produit de la vente pour faire reculer sa dette nette à un multiple inférieur à 2,35 fois son OIBDA [résultat d’exploitation avant dépréciation et amortissement]», indique Telefonica, dont la dette atteint 45 milliards d’euros. L’accord des autorités, notamment antitrust, devra être obtenu au plus tard le 30 juin 2016.
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