Hilton profite de la flambée du marché américain des IPO
Hilton s’apprête à effacer six années de crise. Racheté en 2007 par Blackstone pour 27 milliards de dollars, neuvième plus gros LBO de l’histoire, le groupe hôtelier va revenir à la Bourse de New York mi-décembre. Il s’agira de la deuxième plus importante IPO de l’année aux Etats-Unis, derrière celle du groupe pétrolier Plains GP.
La fourchette de prix indicative dévoilée hier, entre 18 et 21 dollars par action, fait ressortir une capitalisation comprise entre 17,7 et 20,6 milliards de dollars, ce qui en fait le premier groupe du secteur devant les 14 milliards de dollars de Starwood ou de Marriott, et les 10 milliards d’Accor. En ajoutant la dette, la valeur d’entreprise de Hilton oscillera entre 30,7 et 33,6 milliards. Elle représente, au point médian, plus de 3 fois les revenus estimés pour 2013 et près de 15 fois l’Ebitda, soit une prime de 3 points par rapport à Starwoord et de 5 points par rapport à Accor, selon S&P Capital IQ.
Hilton va profiter d’un marché boursier américain revenu à ses plus hauts historiques, offrant des conditions idéales pour une IPO. Depuis le début de l’année, 217 sociétés américaines se sont cotées, contre 138 l’an dernier à pareille époque selon Dealogic. Les montants levés ont atteint 56 milliards de dollars, 10 milliards de plus qu’en 2012. Et surtout, les nouveaux entrants se comportent bien. Pour le premier jour de cotation, la hausse moyenne s’élève à 18% contre 13% en 2012, meilleur score selon Dealogic depuis le record de 2000 (+52% avec 422 opérations).
La mise en Bourse doit finir de consacrer la transformation du numéro un mondial de l’hôtellerie qui avait été fortement touché par une baisse de la fréquentation avec la crise financière. Sous la direction de Christopher Nassetta, le groupe a augmenté de 34% son nombre de chambres en développant la gestion sous franchise, afin de limiter les investissements. L’an dernier, le chiffre d’affaires de Hilton a progressé de 5,6% à 9,2 milliards de dollars, et son Ebitda a augmenté deux fois plus rapidement à 1,9 milliard.
Le placement s’élèvera au maximum à 2,7 milliards, dont un peu plus de 1 milliard par augmentation de capital. La somme doit servir à refinancer 2,5 milliards de dette. Blackstone, qui détiendra 76% du capital après l’IPO, contre 81,5% actuellement, ne cédera aucun titre. Sa part est estimée à 14,6 milliards, soit environ 2,3 fois sa mise en fonds propres.
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