Hermès estime n’avoir pas besoin de voter une pilule empoisonnée

Les actionnaires familiaux d’Hermès affichent leur sérénité et semblent réfléchir à un nouveau verrouillage du capital
Bruno de Roulhac

Après le raid de LVMH sur 17,1% du capital d’Hermès, les actionnaires familiaux du sellier restent «extrêmement sereins», a assuré Patrick Thomas, gérant d’Hermès, en marge de la présentation des ventes trimestrielles.

«Les actionnaires familiaux n’ont pas besoin de voter de pilule empoisonnée, a expliqué Patrick Thomas. La solidité du verrouillage semble durable dans le cadre de la commandite». Si la famille détenait un peu plus de 80% du capital en 1993 lors de l’introduction en Bourse, elle en possède encore 73%. Ce qui constitue la première des défenses. De plus, Hermès assure disposer de moyens de défense votés par l’assemblée générale. Le groupe prévoit notamment la possibilité de rachats de titres en période d’offre publique. En revanche, les bons «Breton» votés en 2008 ne sont plus exerçables depuis la fin 2009.

Dans le contexte actuel, certains juristes évoquent aussi l’hypothèse de la constitution d’une holding familiale non cotée comme outil de défense. « Il est tout à fait logique qu’ayant trouvé un visiteur dans son jardin, elle se réunisse et discute des façons de répondre à ce visiteur, a ajouté Patrick Thomas.On ne peut pas empêcher la famille d’y réfléchir».

Alors que le marché bruisse de rumeurs de montée au capital d’un autre géant du luxe, le suisse Richemont, Hermès dément. «Je ne pense pas que ce soit le cas, poursuit Patrick Thomas. Ce sont des gens que nous connaissons bien et qui, eux, fonctionneraient de façon amicale». Dans ses vérifications du 28 octobre, Hermès ne constatait aucune détention par Richemont, pas plus que par LVMH.

En attendant, «nous faisons confiance à l’AMF», a confié le gérant d’Hermès, alors que le régulateur a ouvert une enquête.

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