Heineken relève son offre sur le brasseur asiatique APB
La bataille pour le contrôle du brasseur Asia Pacific Breweries (APB) rebondit. A l’issue de discussions avec le conglomérat singapourien Fraser and Neave (F&N), Heineken a annoncé vendredi soir le relèvement de l’offre de rachat lancée en juillet pour la part de 39,7% que celui-ci détient dans le fabricant de la Tiger Beer.
Le brasseur néerlandais, qui possède 41,9% du capital d’APB (9,5% directement plus 32,4% à travers une coentreprise avec F&N), a relevé cette offre de 50 à 53 dollars singapouriens par action. Cela porte le montant consacré à cette opération de 5,1 milliards de dollars singapouriens à 5,4 milliards (de 3,3 milliards d’euros environ à 3,5 milliards).
Heineken a ainsi décidé de ne pas s’aligner sur le prix de la contre-offre faite début août par le groupe thaïlandais Kindest Place qui a proposé à F&N de lui racheter 7,3% d’APB pour 55 dollars de Singapour par titre. Cette intervention s’explique par le fait que Kindest Place se situe dans le giron familial de l’homme d’affaires Charoen Sirivadhanabhakdi, qui contrôle Thai Beverage. Or ce groupe s’est emparé le mois dernier de 8,5% du capital d’APB, prenant également une participation dépassant 26% dans F&N afin de se diversifier géographiquement et de développer «son portefeuille de boissons non alcoolisées». Outre sa présence dans les produits alimentaires et les boissons, F&N est également présent dans l’immobilier et l’édition.
Alors que Kindest Place a prolongé son offre jusqu’au 24 août, Heineken considère APB comme un actif de choix dans sa stratégie de développement sur les marchés émergents. Le brasseur singapourien, dont les bénéfices annuels ont crû en moyenne de près de 20% au cours de la dernière décennie, détient en effet des positions importantes en Asie du Sud-Est (Vietnam, Indonésie) ainsi qu’en Chine. Il commercialise également la marque Heineken dans de nombreux pays d’Asie.
Selon Heineken, un rachat à 53 dollars singapouriens par titre valorise APB environ 35 fois ses bénéfices des douze derniers mois, soit dans la fourchette haute des transactions réalisées dans le secteur. Heineken, qui a négocié une commission de dédit de 56 millions de dollars singapouriens, prévoit de financer l’opération grâce à une trésorerie disponible d’environ 2 milliards d’euros et à des lignes de crédit non tirées d’un montant similaire.
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