Heineken peine à retrouver le chemin de la croissance organique à cause de l’Europe
La progression de 29,4% à 783 millions d’euros du bénéfice net de Heineken au premier semestre 2012 ne doit pas faire illusion. Ce résultat a notamment été gonflé par «un gain exceptionnel de 131 millions provenant de la cession d’une participation minoritaire dans une brasserie en République dominicaine», précise le brasseur néerlandais. Retraité des éléments non récurrents, le bénéfice net ajusté n’a augmenté que de 1,6% d’une année sur l’autre à 705 millions, en-dessous du consensus de 737 millions prévu par les analystes interrogés par Reuters.
A périmètre constant, le bénéfice ajusté a même reculé de 4%, alors que les marchés anticipaient une légère hausse. Le chiffre d’affaires est ressorti à peu près conforme aux attentes à 8,8 milliards, ce qui reflète une hausse organique de 4,5% malgré une croissance des volumes de bière limitée à 2,8%. Le troisième brasseur mondial invoque la pression à la hausse des coûts d’approvisionnement et le repli de 14% des bénéfices en Europe occidentale pour expliquer une performance jugée décevante par le marché. L’action a d’ailleurs cédé 1,1% à 44 euros hier en clôture sur Euronext Amsterdam, après avoir perdu près de 6% dans la matinée.
Heineken a souligné que son nouveau plan de réduction de coûts, annoncé en février dernier, avait à fin juin généré 85 millions d’euros d’économies avant impôts sur un total de 500 millions attendu d’ici à 2014. Mais il entend accentuer ses investissements industriels qui s’élèveront à 1,2 milliard cette année, en hausse de moitié par rapport à 2011. Il anticipe un marché de la bière «toujours atone au second semestre en Europe de l’Ouest», alors que l’augmentation de ses coûts de production «devrait atteindre environ 8% sur l’ensemble de l’année». Le bénéfice net ajusté à périmètre constant ressortirait donc «à peu près stable» en 2012 par rapport à celui de 1,58 milliard d’euros dégagé l’an dernier.
«Cet objectif annuel semble en fait assez optimiste, surtout en l’absence de reprise en Europe occidentale», commente Melissa Earlam, analyste chez UBS à Londres. Ces perspectives moroses renforcent l’intérêt de la prise de contrôle totale de sa filiale Asia Pacific Breweries (APB), dont Heineken possède désormais 44,6% après avoir repris avant-hier la part cédée par le fonds d’investissement singapourien Temasek.
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