Heineken enterre la hache de guerre avec ThaiBev pour fondre sur APB

Le brasseur néerlandais attend désormais plus sereinement l’approbation du rachat par les actionnaires de F&N le 28 septembre
Benoît Menou

Voilà un accord qui mérite un toast, à la santé du développement en Asie. Heineken et son concurrent pressenti pour le contrôle d’Asia Pacific Breweries (APB), ThaiBev, ont annoncé hier soir un accord ouvrant les portes de la région au brasseur néerlandais. Ce dernier s’assure en effet le concours du milliardaire Charoen Sirivadhanabhakdi qui semblait jusqu’ici souhaiter contrecarrer le projet de Heineken. L’homme d’affaires a convenu de soutenir, par le biais des sociétés ThaiBev et TCC Assets, la vente à Heineken de la participation du conglomérat Fraser and Neave (F&N) dans APB, le brasseur de la célèbre Tiger Beer. En échange, Heineken ne fera pas d’offre globale sur F&N.

Charoen Sirivadhanabhakdi, dont les sociétés contrôlent un peu moins de 31% de F&N, avait lancé la semaine passée une offre de 7,2 milliards de dollars pour racheter le solde du capital du conglomérat, initiative qui passait pour susceptible de contrecarrer la propre offre de 6,3 milliards de dollars de Heineken sur les avoirs de F&N et d’autres dans APB.

Cette confrontation semble être du passé et Heineken, troisième brasseur mondial, paraît bien parti pour prendre le contrôle d’APB. Le conseil d’administration de F&N a déjà donné sa bénédiction et les actionnaires du conglomérat doivent se prononcer le 28 septembre. L’hostilité du principal actionnaire de F&N était considérée comme le principal obstacle à l’opération pour Heineken. Un porte-parole du groupe néerlandais s’est réjoui que l’accord «renforce sensiblement le degré de confiance d’une approbation de notre offre». Heineken a précisé précédemment qu’il s’agissait d’une offre finale. Aux yeux de l’analyste Gerard Rijk chez ING, l’accord «devrait avoir un impact très positif sur le cours du titre Heineken».

Charoen pourra de son côté consacrer l’argent tiré de la vente à se développer dans l’immobilier et les boissons non alcoolisées, principaux actifs restant à F&N après la cession de ses intérêts dans la bière. L’accord avec Heineken pourrait sceller la fin du groupe centenaire. Selon diverses sources, le brasseur japonais Kirin, qui détient 15% de F&N, pourrait faire une offre sur les boissons, tout comme l’américain Coca-Cola. Des analystes estiment en effet que le portefeuille immobilier aurait une valorisation supérieure une fois isolé par rapport à celle du groupe actuel.

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