Heineken acquiert le brasseur singapourien APB sans relever son offre
Fraser&Neave (F&N) aura attendu le dernier moment pour accepter l’offre de Heineken. Le brasseur néerlandais va racheter la participation de F&N de 39,7% dans le groupe singapourien Asia Pacific Breweries (APB) pour 5,1 milliards de dollars de Singapour (3,3 milliards d’euros). L’offre, qui se finissait initialement le 27 juillet, avait été prolongée d’une semaine à la demande de F&N.
«Nous sommes heureux que nos craintes d’une guerre de surenchère ne soient pas fondées et qu’Heineken n’ait pas relevé son offre, déjà très équitable», se félicite un analyste de Sanford Bernstein. Le marché n’excluait pas l’irruption du brasseur japonais Kirin ou de ThaiBev. D’autant que la consolidation du secteur est presque finie, après le rachat des 50% non encore détenus du mexicain Modelo par AB InBev pour plus de 20 milliards de dollars américains.
Le 20 juillet dernier, Heineken avait surenchéri à 50 dollars de Singapour par action, 11% au-dessus de l’offre du milliardaire thaïlandais Charoen, et 45% au-dessus du prix moyen du mois précédant la première offre. Depuis le cours s’est stabilisé à ce niveau, cédant seulement 1% à 49,50 dollars vendredi avant sa suspension. F&N recommande d’ores et déjà à ses actionnaires de voter en faveur de cette offre.
Dans un second temps, le brasseur néerlandais lancera une offre publique au même prix de 50 dollars sur le flottant, soit seulement 18,4% du capital d’APB, Heineken détenant déjà directement et indirectement 41,9% des titres. Il devra donc débourser au total 4,9 milliards d’euros pour les 58,1% d’APB non encore détenus. Heineken devrait facilement financer cette opération, après avoir dégagé l’an dernier plus de 2 milliards d’euros de cash flow libre et 1,4 milliard de bénéfice net. D’ailleurs, l’action Heineken rebondissait de 3,43% à 45,97 euros à Amsterdam vendredi, gagnant près de 30% depuis le début de l’année alors que l’AEX ne prend que 6%.
Par cette opération, Heineken accroît son portefeuille avec une série de marques asiatiques, dont l’emblématique Tiger Beer, et surtout accélère son exposition aux marchés de croissance. En 2011, les pays émergents représentaient 65% des volumes de bière vendus mais seulement 50% du résultat d’exploitation. Et l’Asie ne pesait que 1,3% du chiffre d’affaires, mais 6,5% du résultat d’exploitation. Après ce rachat, l’Asie devrait peser 15% de l’opérationnel estiment des analystes.
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