Groupon réduit ses prétentions pour tenter d’entrer en Bourse
Andrew Mason aime rappeler que «la vie est trop courte» pour faire de Groupon une société «ennuyeuse». Le fondateur et PDG du site internet de promotions en tous genres va devoir le prouver lors de ses rencontres avec les investisseurs. Alors que les marchés restent extrêmement nerveux, le groupe américain a relancé son projet d’introduction en Bourse. Epaulé principalement par Goldman Sachs, Morgan Stanley et Credit Suisse, plus onze co-chefs de file, Groupon compte émettre 30 millions d’actions nouvelles, à un prix compris entre 16 et 18 dollars. En milieu de fourchette, il pourrait ainsi lever 510 millions de dollars, 478,8 millions une fois les commissions payées. Sa capitalisation s’élèverait à 10,75 milliards de dollars, soit 34 fois le chiffre d’affaires 2010 et plus de 6 fois celui estimé pour 2011. L’introduction pourrait avoir lieu début novembre sur le Nasdaq.
Téméraire, Groupon n’en est pas moins plus modeste qu’il y a encore quelques mois. En juin, lors du lancement officiel de son projet de cotation, le site prévoyait de lever 750 millions de dollars. Fin 2010, sa valorisation indicative tournait autour de 25 milliards de dollars.
Depuis, les marchés se sont évidemment retournés. Mais surtout le modèle économique de Groupon suscite toujours autant d’interrogation. Ses résultats s’améliorent de trimestre en trimestre, mais le groupe n’est toujours pas rentable. Il a perdu un peu plus de 10 millions de dollars au troisième trimestre 2011, contre plus de 49 millions un an auparavant. D’un trimestre à l’autre, son chiffre d’affaires a progressé de 12% à 430 millions de dollars, alors que la croissance dépassait 30% au premier semestre. Enfin, Groupon a changé par deux fois de méthodes comptables et perdu deux directeurs financiers depuis le début de l’année.
Dans ce contexte, la société pourrait faire figure de cible idéale de vente à découvert pour les fonds alternatifs. Selon les données de Data Explorers, environ la moitié du capital flottant de LinkedIn fait l’objet de positions «courtes». Le cours du site de mises en relations professionnelles a baissé de 7% depuis le niveau de clôture de son premier jour de Bourse en avril 2011. Pour Pandora, entré en Bourse cet été, les intérêts vendeurs représentent 10% du capital flottant.
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