Google pourrait être accusé d’infractions à la législation sur le travail
Le National Labor Relations Board (NLRB), agence fédérale américaine chargée d’enquêter sur les pratiques illégales dans le monde du travail, va déposer une plainte accusant Alphabet (Google) d’avoir surveillé illégalement des salariés, qui ont été licenciés après des protestation contre la société, et pour avoir tenté de créer un syndicat, ont annoncé ces anciens salariés dans un communiqué, publié mercredi.
Si le NLRB n’a pas souhaité réagir, Google se dit confiant sur sa position juridique, rapporte l’agence Reuters. «Google a toujours travaillé à soutenir une culture d’échanges internes, et nous avons une confiance immense en nos employés», indique la firme de Menlo Park. «Les actions entreprises par les salariés en désaccord constituaient une violation sérieuse de notre politique, et une rupture inacceptable de leur responsabilité».
La plainte faite suite à une enquête d’un an, motivée par une pétition lancée par cinq personnes licenciées par Google après avoir protesté contre la politique de Google, et réuni des collègues au sein d’un syndicat potentiel. Communications Workers of America, le principal syndicat des communications et des médias aux États-Unis, a collaboré à la rédaction de l’accusation.
Les licenciements ont eu lieu après deux années de lutte entre Google et ses salariés, particulièrement aux Etats-Unis. La question porte sur le poids qu’ont les salariés de base dans les projets que la firme accepte, et comment elle gère les cas de harcèlement, moral ou sexuel, entre autres. Selon une salarié licenciée, Laurence Berland, le NLRB estime que Google a violé le droit du travail en plaçant des salariés en mise à pied conservatoire, et a mis fin à l’emploi de l’un d’entre eux pour avoir accédé à des documents portant sur la façon dont la firme gère les forums internes.
Cette enquête débouchera sur une décision du juge administratif ces prochains mois. Ce cas est loin d’être anecdotique. Ces dernières années, chez Google, mais aussi Facebook, Uber et d’autres Big Tech de la Silicon Valley, des salariés se sont rebellés, rejetant par exemple des projets éthiquement douteux. En avril 2018, plus de 4.000 salariés de Google avaient signé une lettre ouverte publiée sur le réseau social interne pour contester le projet Maven, un contrat de 15 millions de dollars qui prévoyait une collaboration entre Google et l’armée américaine. Quelques semaines après, plus de 300 salariés de Microsoft demandaient le retrait de l’appel d’offres pour Jedi, un contrat cloud de 10 milliards de dollars avec le ministère de la Défense.
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