Google paie cher ses ambitions dans la téléphonie mobile
Google ne lésine pas pour assouvir ses ambitions. En annonçant hier le rachat du fabricant de «smartphones», Motorola Mobility, pour 12,5 milliards de dollars (8,7 milliards d’euros) en numéraire, le géant de l’internet américain entre en compétition directe avec Apple et accroît la pression sur Research In Motion et Nokia, qui ont récemment forgé une alliance stratégique avec Microsoft dans les «smartphones». «Notre acquisition de Motorola va augmenter la concurrence en renforçant le portefeuille de Google, ce qui nous permettra de mieux protéger Android des menaces anticoncurrentielles de Microsoft, Apple et d’autres compagnies», a indiqué le président de Google, Larry Page. D’autant qu’un consortium dirigé par Apple avait soufflé à Google pour 4,5 milliards de dollars le rachat de 6.000 licences sans fil cédées par Nortel Networks.
Mais le pari est risqué malgré les 40 milliards de dollars de trésorerie que posséde le groupe. Il s’agit de loin de la plus grosse acquisition jamais réalisée par le Google, conseillé par Lazard, qui va débourser 40 dollars par action, soit une prime de 63% par rapport au cours de Motorola Mobility lors de la clôture de la séance de vendredi sur le Nyse. Le cours de l’action de la cible s’est envolé de 55,82% durant la séance d’hier à 38,13 dollars, s’approchant ainsi des 40 dollars proposés par Google.
Google, qui accuse un retard technologique sur ses concurrents, compte sur les 17.000 applications brevetées de Motorola Mobility et de ses 7.500 supplémentaires en cours de brevetage, pour rivaliser avec les géants du secteur. Charles Golvin, analyste chez Forrester Research, indique néanmoins que l’opération est «risquée» pour Google. Des sociétés telles que LG, HTC et Samsung Electronics, qui se sont ruées sur les tablettes Android pour rivaliser avec Apple, devraient «couvrir leur pari» en créant davantage d’appareils utilisant le système de Microsoft.
Après avoir raté la vague des «smartphones» et accusé de sévères pertes il y a cinq ans, Motorola Mobility a relevé la tête en 2010 avec un bénéfice de 76 millions de dollars après une perte de 1,2 milliard en 2009.
Malgré un repli du titre Google de 1,16% hier à 557,23 dollars, l’acquisition a redonné des couleurs aux marchés américains, plombés ces derniers jours par les inquiétudes liées aux dettes souveraines. L’indice S&P 500 a clôturé en hausse de 2,18% à 1.204,49 points.
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