Go Sport évalue ses options après sa mise en redressement judiciaire
Le tribunal de commerce de Grenoble a placé jeudi Groupe Go Sport, la maison-mère des magasins Go Sport, en redressement judiciaire après avoir constaté l'état de cessation de paiement du distributeur d’articles sportifs, avec un passif de plus de 14 millions d’euros. Le tribunal de commerce de Grenoble a donc suivi les avis des commissaires aux comptes, KPMG et EY, qui, à l’automne, avaient alerté sur la situation de cessation de paiements de l’entreprise. Fin décembre, après une première audience, la justice avait donné à un juge enquêteur la mission de «faire un état précis de la situation financière» du groupe et de sa filiale Go Sport France. L’enseigne est dirigée depuis le 4 janvier par Patrick Puy, spécialiste de la restructuration d’entreprises.
En outre, le groupe Go Sport est visé par une enquête préliminaire pour «abus de bien social» à la demande du parquet du tribunal de Grenoble, à la suite de la «révélation de faits délictueux» par les commissaires aux comptes. D’après le quotidien Libération, les enquêteurs vont passer au crible des transferts de fonds totalisant plus de 50 millions d’euros, opérés depuis la trésorerie du groupe Go Sport.
Maintenant, le distributeur est placé dans une première période d’observation de six mois, durant laquelle deux administrateurs et deux mandataires judiciaires ont été désignés. Le placement en redressement judiciaire permet à des repreneurs potentiels de se faire connaître. En outre, son actionnaire, le groupe Hermione People & Brands (HPB), détenu par la Financière immobilière bordelaise (FIB) de l’homme d’affaires Michel Ohayon, est écarté de toute prise de décision.
Trois scénarios
Dans le cadre de cette procédure, trois scénarios sont possibles : un plan de continuation, un plan de cession, ou une liquidation judiciaire. Pour le groupe qui compte 2.160 salariés en France, le plan de cession serait l’hypothèse la plus probable. Dans ce cas, les repreneurs pourraient racheter par exemple la marque, les stocks, ou une partie des magasins en France. Alors que le groupe avait reçu «quelques marques d’intérêt» de groupes en situés en France et à l’étranger, «le plus vraisemblable sera qu’il y aura des plans de cession sur une partie des points de vente, les stocks, ou encore la marque», indique une source proche à L’Agefi. Au risque d’une casse sociale. «Ce ne serait déjà pas mal si 60 magasins en France étaient repris», ce qui impliquerait un licenciement «de 500 à 1.000 personnes», selon cette source.
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