GM fait un geste en direction de ses actionnaires remuants
General Motors (GM) fait des concessions afin de calmer l’ire de certains actionnaires. Le constructeur automobile américain a lancé hier un programme de rachat d’actions de 5 milliards de dollars (4,6 milliards d’euros), qui s’achèvera avant fin 2016.
La direction a détaillé son projet d’allocation du capital pour les années à venir. Elle a confirmé son intention, annoncée le mois dernier, de porter son dividende de 30 à 36 cents par action à compter du deuxième trimestre 2015. En outre, «un élément fondamental de l’approche de GM consistera à distribuer toute la trésorerie disponible aux actionnaires, en fixant un objectif de trésorerie de 20 milliards de dollars et en maintenant une notation en catégorie investment grade», ajoute le constructeur, noté par Moody’s Baa3, le cran le plus bas dans cette catégorie. Avec ces décisions, environ 10 milliards de dollars devraient être rendus aux actionnaires d’ici à la fin de l’année 2016.
GM a également rappelé qu’il comptait atteindre un rendement sur capital investi (RCI) d’au moins 20%. Il a revendiqué un RCI de 20,8% en 2014 (hors coût des rappels de véhicules) et 20,2% en 2013. «La société a l’intention de dévoiler tous les trimestres sa performance en la matière», ajoute le constructeur.
Cette annonce vient clore un conflit qui opposait GM à un groupe d’investisseurs, composé d’Harry Wilson, expert impliqué dans la restructuration du constructeur en 2009, et de quatre hedge funds : Taconic Capital, Appaloosa Management, HG Vora Capital and Hayman Capital. Ce groupe avait acquis une participation de 1,9% du capital de GM. Harry Wilson réclamait un siège au conseil d’administration et un programme de rachat d’actions de 8 milliards de dollars.
Ces actionnaires reprochaient au constructeur d’être assis sur une montagne de cash et d’avoir un rendement sur fonds propres très faible. Au 31 décembre 2014, il affichait 25,2 milliards de dollars de trésorerie et en titres liquides. Le cours de son action n’a guère évolué depuis son retour en Bourse en 2010, à 33 dollars par titre, malgré des performances commerciales et financières en forte hausse. GM a terminé la séance à 37,66 dollars hier, en hausse de 2,2%.
Si les investisseurs ont salué l’armistice, Moody’s estime pour sa part que la décision de GM constitue un événement négatif. «Ce programme affaiblit la position de GM à son niveau de notation actuel et devrait retarder une réévaluation éventuelle», indique l’agence.
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