Glencore prend son problème de dette à bras-le-corps

En plus d’une augmentation de capital de 2,5 milliards de dollars, le courtier annule 2,4 milliards de dividendes. Les actionnaires approuvent.
Olivier Pinaud

Trois semaines après avoir nié tout problème de dette, Glencore prend le sujet à bras le corps. Le courtier en matières premières a dévoilé hier une batterie de mesures destinée à restaurer son bilan mis à mal par la chute des cours des matières premières. Objectif: ramener le niveau de dette nette autour de 20 milliards de dollars d’ici à la fin de l’année, contre 29,6 milliards de dollars fin juin.

Si le revirement de la direction de Glencore a de quoi surprendre, le plan a le mérite de la vérité en alignant le bilan du groupe avec la nouvelle réalité du marché des matières premières. Ces mesures «renforcent le bilan même si le prix des matières premières doit continuer à baisser», a assuré hier Ivan Glasenberg, le directeur général de Glencore, qui met également habilement la pression sur ses concurrents.

Malgré une augmentation de capital de 2,5 milliards de dollars (2,2 milliards d’euros), les actionnaires ont d’ailleurs approuvé l’opération. «Nous avons discuté avec certains de nos principaux actionnaires et nous avons leur plein appui», a indiqué Ivan Glasenberg. Le cours de l’action a fini en hausse de 7% à Londres. Il avait chuté de 50% depuis le début de l’année, deux fois plus que celui de ses concurrents, BHP Billiton et Rio Tinto. Les obligataires ont aussi salué les efforts du courtier pour maintenir une notation investment grade, de plus en plus menacée. La semaine dernière, S&P, qui note le groupe BBB, l’avait placée en perspective négative.

Glencore n’a pas choisi la demi-mesure pour rassurer le marché. En plus de l’augmentation de capital, dont 78% est souscrite par Citi et Morgan Stanley, le solde étant repris par les dirigeants, le courtier va sabrer dans son dividende. Les actionnaires ne toucheront rien en 2015, soit une économie de 1,6 milliard de dollars pour Glencore. Ils ne percevront pas non plus de dividende intérimaire en 2016, ce qui permettra une économie additionnelle de 800 millions. Le courtier va également retirer 400.000 tonnes de cuivre du marché afin de réduire la surabondance de l’offre.

Enfin, Glencore envisage d’ouvrir le capital de certaines activités. La division d’infrastructures agricoles (transport, stockage…) pourrait ainsi accueillir un nouvel actionnaire, a indiqué le directeur financier de Glencore, Steve Kalmin. Ce dernier a notamment rappelé l’intérêt des fonds souverains asiatiques pour ce type d’actifs.

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