Glencore décapite l’ancien état-major de Xstrata
Ivan «the terrible» Glasenberg n’a jamais autant mérité son surnom. Le directeur général de Glencore, connu pour son management «musclé», vient de décapiter en quelques mois l’état-major de Xstrata, le groupe minier dont il a récemment pris le contrôle pour quasiment 30 milliards de dollars. John Bond, ancien président du conseil de Xstrata et qui devait occuper pendant quelques mois la même fonction à la tête du groupe fusionné, a fait les frais hier de cette reprise en main.
Constatant qu’il n’aurait pas le soutien des actionnaires en assemblée générale, le dirigeant a préféré renoncer à sa fonction quelques heures avant que ne débute la réunion. Son départ a été officialisé en AG: 80% des actionnaires présents ont voté contre sa réélection. A eux seuls, les associés de Glencore, dont Ivan Glasenberg, détiennent un quart du capital de Glencore Xstrata.
Le départ de John Bond suit ceux du directeur général de Xstrata, Mick Davies, initialement promis à la direction du nouvel ensemble, du directeur financier, Trevor Reid, et de la quasi-totalité des dirigeants de divisions. Sur les quatorze que comptait Xstrata, seulement deux sont restés. Ancien président de HSBC et de Vodafone, John Bond avait prévu de quitter le groupe minier dans les prochains mois, le temps de trouver un successeur. Mais l’opposition de nombreux actionnaires contre le plan de rémunération des dirigeants de Xstrata, et la pression d’Ivan Glasenberg, l’ont poussé à anticiper son départ. Glencore Xstrata s’est mis en quête d’un nouveau président. En attendant, la fonction sera occupée par l’administrateur indépendant Tony Hayward, ancien patron de BP qui avait démissionné après l’explosion de la plate-forme Macondo dans le golfe du Mexique.
Le remaniement de la gouvernance entre clairement dans les plans d’Ivan Glasenberg. La simplification de la structure et la suppression des doublons doivent permettrent de générer plusieurs centaines de millions de dollars d’économies. Récemment, Ivan Glasenberg a promis aux investisseurs de dégager bien plus que les 500 millions de dollars par an initialement prévus. Selon les analystes de Credit Suisse, le montant des économies annuelles pourrait être doublé à l’horizon 2015. Rien que la fermeture des bureaux londoniens de Xstrata permettrait d’économiser 150 millions de dollars par an.
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