Glencore change de profil en mettant enfin la main sur Xstrata
Un nouveau géant des matières premières est né. Les actionnaires de Glencore et de Xstrata ont approuvé en assemblée générale hier le projet de rapprochement initié en février. Comme attendu, le plan d’intéressement des principaux cadres de Xstrata a été rejeté. L’annonce de ce «package» de 144 millions de livres (180 millions d’euros) à partager entre 70 dirigeants avait cristallisé l’opposition de nombreux actionnaires, obligeant les deux groupes à modifier leur accord initial pour éviter de voir échouer un projet de plus de 31 milliards de dollars.
Mick Davis, le directeur général de Xstrata, subira après coup les conséquences de cette vive opposition. Désigné initialement pour prendre les commandes du nouvel ensemble, le dirigeant n’assurera la direction que pendant 6 mois. Il sera alors remplacé par Ivan Glasenberg, le directeur général de Glencore. A charge pour lui d’assurer l’intégration de ce groupe qui pèsera 250 milliards de dollars de chiffre d’affaires et plus de 6 milliards de résultat net.
Glencore, qui détenait déjà 34% de Xstrata, nourrissait ce projet depuis des années, bien avant son introduction en Bourse au printemps 2011. En mettant la main sur le groupe minier, le premier courtier mondial en matières premières accroîtra son profil de risque mais améliorera nettement son potentiel de croissance.
Selon les estimations d’Exane BNP Paribas, si tous les projets en cours sont mis en œuvre selon le calendrier prévu, le rapprochement permettra d’augmenter les volumes de 11% par an entre 2012 et 2015, dont une très grande partie viendra de Xstrata. Or, cette croissance, qui devrait être la plus élevée du secteur, «est indispensable pour faire face à l’inflation des coûts», rappellent les analystes d’Exane BNP Paribas.
Autres avantages pour Glencore: en s’appuyant sur un portefeuille d’actifs nettement plus large, le groupe devrait réduire le coût de son financement et pourra s’appuyer sur le bilan de sa cible pour améliorer son profil. Avant le rachat de Xstrata, la dette nette de Glencore représentait environ 6 fois l’excédent brut d’exploitation du courtier. Après l’opération, le ratio de levier tombera autour de 3.
La Commission européenne doit se prononcer sur le rachat avant demain. Les autorités chinoises de la concurrence doivent également encore se prononcer sur l’opération.
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