GDF Suez risque de souffrir de nouveau en Europe l’an prochain
GDF Suez redouble de prudence après la publication de résultats trimestriels qui reflètent la persistance de surcapacités de production et d’une demande morose en Europe. Il confirme certes sa prévision annuelle d’un excédent brut d’exploitation «compris entre 13 et 14 milliards d’euros» et d’un bénéfice net hors exceptionnels situé «entre 3,1 et 3,5 milliards». Ce résultat pourrait même atteindre le haut de cette fourchette, notamment grâce à une baisse du coût de la dette.
Mais l’énergéticien a prévenu qu’il devrait probablement réviser en baisse la valeur de certains actifs de production d'électricité et de stockage de gaz, en raison des mauvaises conditions économiques et réglementaires sur le Vieux Continent. Cette révision des valeurs comptables, sans impact sur la trésorerie, aura un effet négatif, non chiffré à l’heure actuel, sur le bénéfice net publié. Elle s’ajouterait à une dépréciation d’actifs de 2 milliards d’euros effectuée au début de cette année.
Alors qu’il avait auparavant indiqué s’attendre à une stabilité de son bénéfice net récurrent en 2014, le groupe s’est par ailleurs gardé de confirmer cette prévision ainsi que le montant des investissements prévus l’an prochain. Ces éléments, tout comme le niveau du dividende versé au titre de l’exercice 2013, seront fournis lors de la présentation de ses résultats annuels au mois de février. «Nous tiendrons compte de l’ensemble des changements de l’environnement économique mondial, avec de mauvaises nouvelles en Europe et de bonnes nouvelles partout ailleurs», précise le PDG Gérard Mestrallet. Il entend poursuivre la transformation du groupe «en transférant son centre de gravité des pays matures vers les marchés à forte croissance».
En données pro forma qui tiennent compte d’une mise en équivalence de Suez Environnement à partir du 1er janvier 2012, le groupe affiche des résultats conformes aux attentes sur 9 mois, avec un excédent brut d’exploitation de 10,3 milliards d’euros en recul de 6,5% en données brutes et de 1,4% à périmètre et changes constants. La dette nette de 29,8 milliards au 30 septembre a diminué de 2,4 milliards d’un trimestre sur l’autre et de 6,8 milliards par rapport au 31 décembre 2012. L’objectif d’un endettement net inférieur à 30 milliards d’euros «est donc atteint plus d’un an l’avance», relèvent les analystes de Kepler Cheuvreux, qui jugent improbable une baisse du dividende à court terme.
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