GDF Suez mise plus que jamais sur le dynamisme d’International Power

Les projets d’IP dans les pays émergents doivent compenser les difficultés du groupe en Europe
Olivier Pinaud, à Londres

Un an après l’annonce du projet de rapprochement de ses activités internationales avec le britannique International Power (IP), le bilan est positif selon GDF Suez. «Avec une dette qui représente 44% de nos fonds propres, nous avons le bilan le plus fort du secteur», a indiqué Gérard Mestrallet, le président du groupe, lors d’une présentation à Londres.

Pour y parvenir, il s’est imposé une importante cure d’amaigrissement : cessions de parts minoritaires, vente du réseau de distribution de gaz en Italie ou en France… «Sur les 10 milliards d’euros de ‘respiration d’actifs’ que nous avions projetés d’ici à 2013, nous en avons déjà réalisé 60% en à peine six mois», indique le président de GDF Suez, en incluant la cession de 30% du capital de la filiale exploration-production au fonds souverain chinois CIC pour 2,3 milliards d’euros.

Gérard Mestrallet se veut du coup relativement confiant dans la capacité de GDF Suez à traverser une nouvelle crise : «Nous ne savons pas de quoi sera fait l’avenir. Mais avec 10 milliards d’euros de cash, 12 milliards de lignes de crédit non tirées, nous n‘avons aujourd’hui aucune raison de modifier notre plan d’investir 11 milliards d‘euros par an d‘ici à 2013». D’autant que la collaboration avec CIC est couplée à un accord de financement avec la banque chinoise ICBC. GDF Suez et CIC prévoient aussi de monter un véhicule à Hong Kong destiné à financer leurs projets communs en Asie, même si l’accord ne prévoit pas d’intervention en Chine. Dans ce pays, selon GDF Suez, les distorsions entre les prix de vente de l’électricité, décidés chaque année par l’Etat, et les cours d’achat des matières combustibles, rendent l’investissement dans des centrales électriques encore trop risqué.

Ces projets, et la croissance d’IP, dont la moitié de l’activité se trouve hors d’Europe et des Etats-Unis, doivent permettre à GDF Suez de compenser les difficultés rencontrées sur son marché européen d’origine : taxe nucléaire en Belgique, gel prolongé du prix du gaz en France, découplage entre les prix du gaz dans les contrats à long terme et les cours spots… Néanmoins, comme l’indique l’analyste de Raymond James, autant jouer directement la croissance d’IP, toujours coté à la Bourse de Londres. D’ailleurs, son cours a gagné 11% en un mois, note JPMorgan, soit une surperformance de 15% par rapport au secteur européen de l’énergie et de 10% par rapport à GDF Suez, sa maison mère à 70%.

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